Cirque

Les Rois vagabonds

Concerto pour deux clowns

jeudi 18 février à 21:00vendredi 19 février à 21:00

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Salle Jean Vilar
1h05
Dès 8 ans

Vivaldi, Strauss, Bach, Ravel, dans un concerto interprété par deux clowns acrobates, voilà de quoi insuffler de la fantaisie au répertoire classique.

Quel meilleur prétexte aussi pour entrer en scène : interpréter de la musique savante, imaginer tout ce qui peut advenir, laisser la place à l’émotion du rire. Les Rois vagabonds, « poètes en action » selon la formule de Henry Miller, sont un drôle de couple formé par une belle altiste aristocrate, poudrée et « perruquée » comme au XVIIe siècle, et un clown auguste trapu, paysan – jardinier ? – portant ballots de paille et vieux tuba. Leur duo détonne, il est un spectacle à lui seul.
Mime, acrobatie, sont leur langage, les mots ont peu de place dans l’alchimie de leur monde.
On se rendra vite compte que ces deux-là ne font pas semblant, ne jouent pas la comédie. S’ils ont un nez rouge et un masque blanc, c’est pour mieux mettre à nu notre désarmante fragilité.

Conception et interprétation Julia Moa Caprez, Igor Sellem
Alto Julia Moa Caprez
Tuba Igor Sellem

Production Les Rois Vagabonds.
Coproduction Karavane, Théâtre Montansier / Versailles.
Avec le soutien de la région Franche-Comté, du département du Jura, de la commune de Chaux-des-Crotenay.

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  • Les Rois vagabonds© Anne Wenger
  • Les Rois vagabonds© V.Vanhecke
  • Les Rois vagabonds© J.F. Berne
  • Les Rois vagabonds© Philippe Rappeneau

Nous sommes musiciens, acrobates, mimes, mais c‘est le public qui nous fait clowns. Notre passion de la musique classique nous a fourni un prétexte simple pour entrer en scène : jouer un concerto. La simplicité de ce prétexte permet de laisser libre cours à l‘imagination. Tout devient alors possible, l‘intellect peut céder la place à l‘émotion. Les clowns que nous sommes n‘ont de cesse de faire tomber ce qu‘au théâtre on appelle le quatrième mur. Dans l‘écriture même de notre spectacle, le public est présent comme partenaire, comme guide, comme moteur de certaines de nos actions. On dit parfois que le clown danse avec le public. C‘est vrai. Cette alchimie fragile, qu‘il faut retrouver à chaque représentation, exige une vraie disponibilité aussi du côté des spectateurs. Ainsi, contrairement à l‘idée que donne une image galvaudée des spectacles de clowns, le cadre proposé a une grande importance. Selon le lieu, l‘horaire, la qualité de l‘accueil, selon que ce cadre est banalisé ou sacralisé, cela change beaucoup. Nous essayons toujours de nous rapprocher de ce qui nous semble l‘idéal pour notre travail : le chapiteau. Mais gageons que dans la salle Jean Vilar, à l‘abri des bruits du monde, le public formera une bulle de convivialité. Alors, la magie opèrera, les invitant à jouer avec nous et à reconnaître dans l‘autre le reflet de soi-même.
Les Rois Vagabonds

J’avais quatre ans quand j’ai commencé à jouer du violon. Je venais d’entendre le Concerto en la mineur de Vivaldi et, tout ce que je voulais, c’était l’apprendre. J’ai dû attendre d‘avoir huit ans pour cela. Entre temps, le violon était devenu une affaire de tous les jours, comme se laver les dents ! Ecole internationale Suzuki, conservatoire de Winterthur, ensembles et orchestres, concerts de l’Ecosse à la Russie ... le violon prenait de plus en plus de place dans ma vie. Mais j’avais mal au dos ! Mon corps avait besoin de bouger ! Alors, j’ai rangé mon instrument pour suivre l’Académie de danse d’Amsterdam, puis les écoles de cirque de Buenos Aires et de San Francisco. Spectacles de rue, de cabarets, compagnies de cirque, de danse..., le violon s’est endormi. Des années plus tard, marquée par l’enseignement des clowns Jef Raz, Yvo Mentens, Caroline Obin et en plein de construction de mon propre clown, Vivaldi m’a rattrapée. J’ai pris conscience que le violon était partie intégrante de ma voix la plus profonde, fondamentale. En créant Les Rois vagabonds avec Igor Sellem, je l’ai retrouvée.
Julia Moa Caprez

La première fois que j’ai été clown, c’était sans le vouloir, au collège pendant une démonstration de gymnastique. Mes mouvements mal dégrossis, derrière les figures impeccables de deux filles, déclenchèrent le fou rire du public. Je ne comprenais pas très bien mais je sentais que mon embarras et ce rire créeaient quelque chose de magique, c’était comme une force qui suspendait le déroulement convenu, qui rassemblait et faisait du bien. Ce moment est resté gravé dans ma mémoire. Suivront une maîttrise de physique fondamentale, un brevet d’Etat d’escalade, et dix années à silloner la France comme trompettiste et acrobate avec la compagnie Erectus. Mais, insensiblement, ce long cheminement m’a ramené à cette expérience première : clown. La voix est alors devenue évidente. J’ai forgé les piliers de mon jeu clownesque auprès de Yvo Mentens et de Caroline Obin et, dans le même temps, avec Julia Moa Caprez nous avons créé Les Rois vagabonds.
Igor Sellem

Quand les clowns nous mettent des ailes

Des coussins de velours rouge sous un lustre d‘opéra. On est au spectacle chez Les Rois vagabonds. Un drôle de couple. Sur leur affiche, ils s‘en vont avec, pour tout bagage, un violon et un vieux tuba. Et on a envie de les suivre. Elle, Julia Moa Caprez, est violoniste classique et acrobate. Elle a roulé sa bosse dans les compagnies de Zurich à Amsterdam, de San Francisco à Buenos Aires. Lui, Igor Sellem, a fait de la physique fondamentale, escaladé falaises et sommets avec les meilleurs grimpeurs du monde. Trompettiste, il a écumé la Bretagne en fanfare. Ils se sont trouvés clowns. Les Rois vagabonds, clowns traditionnels ou nouveaux clowns ? Avant tout « poètes en action » selon la belle formule d‘Henry Miller. Ils nous mettent des ailes pour parcourir avec eux un bout de notre chemin d‘humanité. Car les clowns ne jouent pas la comédie. S‘ils ont un nez rouge ou un masque blanc et des habits extravagants, c‘est pour mieux se mettre à nu. Ces deux là entrent en scène avec leurs instruments de musique, partenaires de jeu, porte voix de leurs émois. Et deux caisses qui deviennent tour à tour podium, navire au long cours, prison d‘une Belle au Bois dormant, chrysalide. Mime, acrobaties, musique, quelques mots à peine. Ils parlent un langage universel. Qu‘on soit vieux philosophe ou petit enfant, on est surpris, on s‘émerveille, on rit, on sourit, on est ému. Artistes complets, ces deux vagabonds se jouent avec aisance des frontières entre les disciplines. Clowns, leur créativité se nourrit de tous les contacts humains. Aller à la rencontre des publics les plus différents est, pour eux, une exigence artistique.
Armelle Martin