Danse

Ballet de Lyon

dimanche 7 juin à 15:00

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Salle Jean Vilar
1h50
Dès 10 ans

Comment conjuguer à tous les temps l’art du mouvement ? Réponse magistrale en trois pièces à la splendide écriture néoclassique et contemporaine, par un Ballet de l’Opéra de Lyon au meilleur de son répertoire.

À l’honneur, deux générations d’artistes : Jirí Kylián, qui fut durant vingt-cinq ans directeur à La Haye du Nederlands Dans Theater, et Johan Inger, un de ses anciens danseurs devenu à son tour chorégraphe. De ce dernier, on découvre I New Then (2012), une exploration lyrique et nostalgique de l’esprit de liberté des années soixante sur la musique d’un album culte de Van Morrisson, Astral Weeks. Du maître pragois, on savoure deux ballets qui offrent un aperçu de la richesse de sa palette émotionnelle : No More Play, un quintet en noir et blanc à la scénographie spectaculaire, créé en 1996 sur les Cinq mouvements pour quatuor à cordes opus 5 d’Anton Webern, et Petite Mort, inaltérable chef-d’oeuvre conçu pour le bicentenaire de la mort de Mozart, qui orchestre pour six couples une danse de désir et de mort sur les mouvements lents de deux concertos pour piano (K.488 et K.467).
Jusqu’à la syncope, ou l’extase…

Chorégraphie Johan Inger, Jiří Kylián
Direction artistique Yorgos Loukos

L’Opéra national de Lyon est conventionné par le Ministère de la Culture, la Ville de Lyon, le conseil régional Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon.

  • Ballet de Lyon
  • Ballet de Lyon - I knew then(c) Fanzutti
  • Ballet de Lyon
  • Ballet de Lyon - I knew then(c) Fanzutti
  • Ballet de Lyon
  • Ballet de Lyon - No More Play(c) Michel Cavalca
  • Ballet de Lyon - Petite Mort(c) Stofleth
  • Ballet de Lyon - Petite Mort(c) Stofleth

I New Then (2012)
Pièce pour 9 danseurs
Chorégraphie et décors Johan Inger
Musique Van Morrison
Costumes Bregje van Balen
Lumières Tom Visser
Pièce entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon en 2017

« Je suis danseur, j’ai dansé toute ma vie », se décrit Johan Inger*. « J’ai commencé avec la danse classique. Plus tard, je suis allé vers une danse plus contemporaine. J’ai dansé treize ans avec le Nederlands Dans Theater et c’est là que je me suis véritablement découvert en tant que danseur et que j’ai commencé à chorégraphier. Puis je suis devenu directeur du Ballet Cullberg (à Stockholm) pendant cinq ans avant de décider de me consacrer définitivement à la chorégraphie. »
Depuis Mellantid, sa première création pour le NDT en 1995, cet artiste encore peu connu en France a travaillé avec des compagnies aussi prestigieuses que le Ballet Royal de Suède, la Compania Nacional de Danza ou les Ballets de Monte-Carlo, et a été pendant huit ans chorégraphe associé au NDT. Heurtée et fluide à la fois, sa gestuelle témoigne des influences diverses dont il a fait son miel. Sur la musique d’Astral Weeks, album culte du chanteur et guitariste Van Morrisson, il se livre à une exploration gestuelle et lyrique de l’esprit de liberté des années soixante. « J’adore cette musique », déclare-t-il. « Et spécialement cet album, que j’écoute depuis des années, qui me semble être le plus important de sa carrière. Il y a quelque chose de pur, de méditatif, de très dynamique et de très honnête aussi que j’apprécie beaucoup et que je recherche dans mon travail. »

No More Play (1988)
Pièce pour 5 danseurs
Chorégraphie, décor et costumes Jiří Kylián
Lumières Jiří Kylián, Joop Caboort et Kees Tjebbes
Pièce entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon en 2018

Créé en 1988 à La Haye pour le Nederlands Dans Theater sur les Cinq Pièces pour quatuor à cordes d’Anton Webern, No More Play a été repris par Jiří Kylián - qui en signe également les costumes et les décors - en 1996. C’est cette seconde version de l’œuvre qui fait cette année son entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon, portant ainsi à douze le nombre de pièces transmises à la compagnie par le chorégraphe.
« L’idée de base de cette chorégraphie s’inspire d’une petite sculpture d’Alberto Giacometti : un simple jeu de société légèrement déformé par de petits cratères, de petits fossés et deux morceaux de bois ressemblant à des figures humaines.
On pourrait avoir l’impression d’avoir été invité à un jeu dont les règles sont tenues secrètes ou bien n’ont jamais été fixées. La musique d’Anton Webern dégage une impression fascinante de précision et d’inéluctabilité. Sa résonance et sa structure créent une transparence captivante et une tension dynamique.
Ces qualités, assemblées par le génie absolu de Webern, deviennent une source d’énergie qui exerce une influence directe sur tout ce qui peut se produire simultanément sur la scène.
Le sérieux avec lequel nous avons l’intention d’entreprendre la plupart des choses se termine souvent par une grimace grotesque, mais devrait être accepté tel quel et devenir une partie intégrante de notre être.
Ainsi, ce jeu chorégraphique de corps, d’esprit, de sons et de lumière dans le temps et dans l’espace est tout simplement une métaphore, la métaphore d’un jeu aux règles très strictes, écrites dans une langue oubliée depuis des lustres. »

Jiří Kylián

Petite Mort (1991)
Chorégraphie et décor Jiří Kylián
Costumes Joke Visser
Lumières Joop Caboort
Pièce entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon en 1997

Créé en 1991 au Festival de Salzbourg, pour le bicentenaire de la mort de Mozart, par le Nederlands Dans Theater, Petite Mort est entré en 1997 au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon. Cette pièce pour douze danseurs est l’une des plus connues de Jiří Kylián, tant elle incarne tout ce qui fait l’infinie richesse de ses créations. Elle se déroule sur l’adagio et l’andante des deux plus populaires concertos pour piano de Mozart, les n° 23 et 21, un choix que justifie ainsi le chorégraphe : « Ce choix délibéré ne doit pas être considéré comme une provocation ou un manque de réflexion, mais plutôt comme ma façon de reconnaître que je vis et travaille dans un monde où rien n’est sacré, où la brutalité et l’arbitraire sont banalisés. »
Son titre à lui seul est ambigu : Cette petite mort désigne-t-elle une syncope, ou bien le moment suprême de l’extase amoureuse ? L’équivoque se prolonge lorsque le rideau s’ouvre sur six hommes au bras prolongé d’un fleuret et six femmes vêtues d’un simple bustier, puis protégées derrière une robe à panier. Provocation, séduction, danger, sexualité : les six couples se livrent à une danse de désir et de mort dans une série de pas de deux d’une inépuisable inventivité. L’acmé de ce chassé-croisé amoureux et guerrier donne son nom et son sens à la pièce. Un classique intemporel.
« Petite Mort est une façon poétique et paradoxalement significative de décrire l’extase procurée par un acte sexuel. En français et dans d’autres langues, cette sensation est décrite comme une ‘petite mort’. Et il est possible qu’au moment de l’orgasme (ou au moment de la création d’une nouvelle vie), il nous soit rappelé que nos vies sont d’une durée relativement courte et que la mort n’est jamais très loin.

Johan Inger, chorégraphe

C’est au sein du Nederlands Dans Theater, où il était danseur sous la direction de son maître Jiří Kylian, que Johan Inger, formé à l’école du Ballet royal de Suède, a conçu en 1995 sa première pièce, Mellantid. Depuis, il a été directeur artistique du Cullberg Ballet entre 2003 et 2008 puis chorégraphe associé au NDT de 2009 à 2015, réalisant plusieurs pièces dont Dream Play et Walking Mad qui recevront respectivement le prix Lucas Hoving en 2001 et le Danza & Danza’s Award en 2005. Au gré de ses collaborations avec plusieurs compagnies, dont le Ballett Basel en Suisse, le Ballet royal de Suède, la Compania Nacional de Danza en Espagne, l’Aterballetto en Italie ou les Ballets de Monte Carlo, Johan Inger bâtit une oeuvre originale, riche aujourd’hui de près d’une quarantaine de ballets. Ses créations, qui marient écriture néoclassique, puissance dramatique et audace contemporaine, sont toutes marquées par un équilibre entre recherche esthétique et invention gestuelle. Carmen pour la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne a été couronnée en 2016 du Benois de la Danse, tandis que Bliss par l’Aterballetto a reçu la même année le prix Danza&Danza. Créé en 2012 pour la compagnie junior NDT2, I New Then, sur la musique nostalgique de Van Morrison, est entré en 2017 au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon. Sa dernière création (mai 2017) revisite l’histoire de Peer Gynt pour le Ballet de Bâle.

Jiří Kylián, chorégraphie

Jiří Kylián est né à Prague en 1947. Sa mère, danseuse et professeur, guide ses premiers pas de danse. Il devient à 9 ans élève de l’Ecole du Ballet national de Prague, puis entre en 1962 au Conservatoire de sa ville natale où il suit les cours de classique auprès Zora Semberova, mais aussi ceux de modern dance (technique Graham) et de danse folklorique. En 1967, bénéficiant d’une bourse du British Council, il vient à Londres, alors en plein bouillonnement culturel, se perfectionner à la Royal Ballet School.
De passage dans la capitale anglaise, le chorégraphe John Cranko le remarque et lui propose de rejoindre sa compagnie à Stuttgart. Revenu à Prague pour quelques semaines de vacances en 1968, Kylián participe aux manifestations du Printemps de Prague, jusqu’à l’invasion par les chars soviétiques. Juste avant la fermeture des frontières, il quitte la Tchécoslovaquie et se réfugie en Allemagne, où il rejoint le Ballet de Stuttgart. Il y devient bientôt soliste et y réalise dès 1970 sa première chorégraphie, Paradox. Après la mort brutale de John Cranko en 1973, il est invité au Nederlands Dans Theater à La Haye et est associé deux années plus tard à la direction artistique (avec Hans Knill). Suite aux succès de La Cathédrale engloutie, Return to a Strange Land, La Nuit transfigurée en 1975, de Symphony in D en 1976, Sinfonietta et Symphonie de psaumes en 1978, œuvres faisant preuve déjà d’une belle écriture chorégraphique, Kylián est nommé en 1978, à 30 ans, directeur du NDT.
Il va hisser la compagnie à un niveau international et l’ouvrir aussi à d’autres chorégraphes (William Forsythe, Mats Ek, Ohad Naharin, Maurice Béjart). En 1990 il crée à côté de la troupe principale le NDT1, un groupe junior le NDT2 (jeunes danseurs destinés à entrer par la suite dans la grande compagnie) et un groupe senior le NDT3 (réunissant quelques danseurs de plus de 40 ans). Après vingt-quatre ans à la tête de la tête de la compagnie et soixante-quatorze ballets créés, Jiří Kylián choisit de quitter ses fonctions de directeur général du NDT en juin 1999, tout en demeurant jusqu’en décembre 2009 chorégraphe en résidence (la troupe est désormais dirigé par Sol Léon et Paul Lightfoot).
Jiří Kylián a à ce jour chorégraphié plus d’une centaine de ballets, que ce soit pour la scène, le cinéma et même la télévision. Nombre d’entre eux ont été créés pour des compagnies étrangères ou sont entrés à leur répertoire. C’est le cas notamment pour le Ballet national de Norvège, et pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, auprès duquel Kylián est en résidence artistique pour trois ans jusqu’en 2019. Titulaire de nombreuses récompenses, parmi lesquelles plusieurs Benois de la Danse et Nijinski Awards, Jiří Kylián est l’un des rares chorégraphes à avoir reçu un Lion d’Or à la Biennale de Venise pour l’ensemble de sa carrière. Il a également été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. En 1988, il a créé la Kylián Choreographic Archive, devenue la Kylián Fondation, destinée à protéger son répertoire et à favoriser l’innovation artistique.