DanseCréation

Ne te courbe que pour aimer, si tu meurs tu aimes encore

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Salle Jean Vilar
1h15
Dès 12 ans

Double retour aux sources pour Ali et Hèdi Thabet : produit et créé par le Théâtre de Suresnes, Rayahzone, leur premier opus, avait été un succès public et critique. Sept ans plus tard, c’est encore dans la salle Jean Vilar que les deux circassiens et chorégraphes renouent avec leur désir de création.

Leur nouvelle pièce, qui emprunte son titre aux vers de René Char, puise aux racines de leur démarche artistique, au croisement entre Europe et Orient. Autour de la figure de Narcisse, symbole de la beauté mais aussi de l’amour et de l’exil, ils mettent en scène un spectacle total qui convoque la Grèce de la mythologie et celle du rebetiko, ce blues mi-oriental mi-tzigane semblable aux mélodies arabes.
Six danseurs accompagnés sur scène par neuf musiciens traditionnels et classiques, dont une mezzo-soprano qui interprètera du Vivaldi et des airs polyphoniques médiévaux, donneront corps à cette aventure poétique. Quant à l’immense miroir posé sur la scène, il reflètera des extraits du film L’Ordre de Jean-Daniel Pollet, consacré aux derniers lépreux de l’île de Spinalonga, une façon de mettre en résonance bannis d’hier et d’aujourd’hui.

Conception Ali et Hèdi Thabet

Coproduction Théâtre national Wallonie Bruxelles, Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie, Théâtre de Suresnes Jean Vilar.
Avec le soutien de La Villette / Paris.

  • Ne te courbe que pour aimer, si tu meurs tu aimes encore

Avec les danseurs Laida Aidaz Arrieta, Mercedes Dassy, Julia Färber, Ben Benaji, Natacha Nicora, Artémis Stavridi, le comédien Vincent Sonarga, et les musiciens Mehdi Ayechi Chant, oud, bendir, Catherine Bourgeois Chant lyrique, Mourad Brahim Chant, calun, Dimitris Brendas Clarinette, kaval, gaïda, Benjamin Clément Bouzouki guitare, Stefanos Filos Violon, Tcha Limberger Dubuk, violin, Ioannis Niarchios Chant, guitareKaterina Tziviloglou Chant, tambourin

Conception dramaturgique Hèdi Thabet
Direction musicale Ali Thabet
Scénographie Florence Samain
Vidéo Naël Khleifi
Lumières Ana Samoilovich

 

Ali est attiré par la musique, Hèdi a toujours été happé par la poésie. Mais en réalité, ce sont deux musicalités qui résonnent ensemble au sein du silence, qui s’équilibrent dans un dialogue. Équilibristes, Ali et Hèdi Thabet le sont, comme ils sont danseurs,
circassiens mais avant tout artistes de l’impondérable, interprètes des convulsions du temps.
Après une ascension fulgurante en trois pièces (Rayahzone, Nous sommes pareils à ces crapauds et En attendant les Barbares), Ali et Hèdi Thabet ont décidé de se mettre en retrait pendant deux ans, de « faire un grand pas en arrière ». Façon d’échapper à un impératif de création qui serait artificiel ou inauthentique. « Sinon, on devient des chefs d’entreprise », affirment-ils.
Aujourd’hui, ils reviennent et reprennent le fil où ils l’avaient laissé : dans l’attirance pour la Grèce et ses mythes, dans les volutes du rébétiko, cette musique grecque aux accents rebelles qui emprunte à la Turquie sa couleur orientale, dans les chants tunisiens et la poésie de René Char. Un vers issu des Feuillets d’Hypnos les interpelle : « Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs tu aimes encore. » Et les voilà partis sur les traces de Narcisse. Mais comme le dit justement René Char, « Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. »
Car aussi disparates qu’ils apparaissent, tous ces éléments racontent à la fois l’histoire passée et la recherche présente d’Ali et Hèdi Thabet. « Narcisse traverse la forêt pour s’abreuver à une rivière… ce point d’eau ne serait-il pas le public ? Qu’est-ce que ce reflet et que vient-on y chercher ? Qu’est-ce que l’objet scénique ? »
Lancés dans une réflexion fondamentale, Ali et Hèdi se projettent dans une nouvelle forme de spectacle « plus authentique », dans une dimension profonde et populaire, proche de l’Opéra, dans son intensité et sa forme accessible à tous. Et puis, souffle Hèdi, non sans malice, « la Grèce n’est pas choisie au hasard. Nous venons de Bruxelles, à nous la bureaucratie, à eux les racines profondes du théâtre !»

Ali Thabet
La carrière d’Ali Thabet est riche de multiples expériences artistiques. Sa curiosité le porte tout d’abord à étudier la photographie de 1994 à 1997 à l’École de la photographie de Bruxelles. Il intègre en 2000 le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne. Depuis, il est tour à tour ou simultanément danseur, circassien, acteur, chanteur et travaille sous la direction des plus grands, de Joseph Nadj (danseur-circassien dans Il n’y a plus de firmament – 2004), à Francis Viet en passant par Sidi Larbi Cherkaoui (Tempus Fugit – 2005, Sutra – depuis 2009, Tezuka – 2011), et Philippe Découflé (danseur-acteur-chanteur dans Cyrk 13-2002).

Hèdi Thabet
Hèdi Thabet commence très jeune à l’École du cirque de Bruxelles comme jongleur prodigue et acrobate. Une maladie lui fait abandonner définitivement la jonglerie et l’acrobatie, et lui fait repenser sa place sur scène. Il monte un spectacle en 1997 au Théâtre national de Tunis (TNT) avec une promotion sortie de l’École du cirque de Bruxelles. S’ensuit une longue période de réflexion durant laquelle les questions scéniques ne l’ont jamais quitté, puis il réalise avec Mathurin Bolze le duo Ali en 2008 qui a été joué plus de 200 fois dans le monde.