La 29e édition de Suresnes cités danse est placée sous le signe de la fidélité, une fidélité à l’audace et au talent pour accompagner de nouvelles productions. Tous les chorégraphes programmés cette année ont déjà une histoire avec le Festival et pour la plupart une longue histoire ! Beaucoup d’abord venus comme danseurs sont aujourd’hui invités en tant que chorégraphes. Le Festival est comme une maison dans laquelle ont plaisir à revenir ceux qui y sont passés, y ont grandi et vécu des moments clé de leur carrière artistique.
C’est Ousmane Sy qui se souvient de Macadam Macadam dans lequel il dansait en 1999, c’est Amala Dianor qui y a dansé dans Play-Back de Régis Obadia en 2003 ou encore Jann Gallois, venue pour la première fois en
2009 dans le Roméos et Juliette de Sébastien Lefrançois…

Suresnes cités danse rassemble différentes générations de spectateurs et différentes générations de chorégraphes. Parce qu’il ne suffit pas
d’être pionnier pour durer, le Festival s’attache à suivre autant qu’à découvrir. Cette édition réunit ceux qu’on ne présente plus, Farid Berki,
Kader Attou, des talents confirmés comme Jann Gallois et Amala Dianor et des talents émergents : de Mellina Boubetra à Maxime Cozic en passant par Ingrid Estarque, Salim Mzé Hamadi Moissi et Yeah Yellow.

Le hip hop n’est pas seulement une affaire d’hommes. Aussi il paraît nécessaire chaque année — et sans doute de manière de plus en plus prégnante — de mettre en lumière la mixité du hip hop et les femmes interprètes et chorégraphes. Suresnes cités danse est donc aussi un festival au féminin avec cinq femmes chorégraphes, Mellina Boubetra, Ingrid
Estarque, Naomi Fall, Jann Gallois et Camille Regneault et vingt et une danseuses.

S’il fallait résumer Suresnes cités danse en un mot, ce serait : ouverture. Dès l’origine il s’est agi de légitimer un langage chorégraphique alors cantonné à la rue et de lui proposer métissages et confrontations pour l’enrichir. C’est aujourd’hui en ouvrant le spectre à toutes les influences culturelles, géographiques, chorégraphiques et musicales que se poursuit le
chemin de la découverte et de l’hybridation.
Comme un écho à Africa 2021, différentes influences africaines des Comores au Sénégal en passant par l’Algérie ou le Burkina Faso irriguent
Siguifin et Massiwa. Loin des clichés, l’éventail musical parfois live et parfois enregistré est immense, de Mozart à Awir Leon, de Beethoven
à Julien Lepreux en passant par Antoine Hervé et Malik Berki…

Olivier Meyer
Novembre 2020