Théâtre

1300 grammes

dimanche 18 mars à 15:00mardi 20 mars à 21:00

Ajouter l'événement à mon agenda

Réserver
Salle Aéroplane
1h30
Dès 12 ans

Comment fonctionnent nos émotions, notre mémoire, le bonheur, le désir... ?

Camille a 34 ans et prépare une pièce sur le cerveau, lorsqu’elle découvre une conférence qui titre « Le bonheur est un sport » ! En s’y rendant, elle rencontre Youri, neurologue, qui, grâce à son savoir, va la conduire à retrouver un souvenir enfouit depuis 20 ans et à comprendre le fonctionnement du cerveau.

Pour la première fois, la jeune dramaturge Léonore Confino s’aventure du côté de l’autobiographie et creuse avec Catherine Schaub, metteure en scène, le sillon de l’intime développé depuis huit ans, notamment à travers une trilogie sociétale très remarquée et sa dernière pièce Le Poisson belge.

Sur le rythme d’une batterie, cinq comédiens-musiciens donnent corps à l’enquête cérébrale de Camille, sur un plateau qui se transforme à vue, tel un palais de la mémoire peuplé d’images et de sons.

Texte Léonore Confino
Mise en scène Catherine Schaub

Production Compagnie Productions du sillon.
Coproduction La Grande Scène / Chesnay, le Théâtre des 2 Rives / Charenton, l’Atrium / Chaville, la Lanterne / Rambouillet, ACTIF.
Soutien La ville du Chesnay, le Théâtre de Saint-Maur, l’Espace Michel Simon / Noisy-le-Grand, le conseil départemental des Yvelines.

Retour au spectacle

Autour du spectacle

A vous de jouer !

Nous vous proposons de participer à des ateliers artistiques, avec des personnalités du monde du spectacle vivant.

La plume du spectateur
samedi 24 mars à 14:00

Comment analyser une mise en scène ? Comment formuler une critique objective et riche ? Quelles sont les clefs de lecture d’une représentation théâtrale ?
Au cours de cet atelier, un temps est prévu pour échanger sur les pièces choisies, puis, sur les conseils du journaliste et critique de théâtre Nicolas Arnstam, chaque participant pourra coucher ses idées sur le papier.

Sam. 18 nov. de 14h à 17h
Autour de Impromptu 1663 ; Cyrano ; Love, Love, Love
Sam. 2 déc. de 14h à 17h
Autour de Berlin 33De la démocratie ; La Vie est une géniale improvisation
Sam. 24 mars de 14h à 17h
Autour de e-passeur.com ; J’appelle mes frères ; Mélancolie(s) ; Nos éducations sentimentales ; 1 300 grammes ; L’abattage rituel de Gorge Matromas.

Inscription gratuite, ateliers limités à 12 participants.

inscription
  • 1300 grammes© Guillaume Garcia
  • 1300 grammes
  • 1300 grammes© Guillaume Garcia
  • 1300 grammes© Guillaume Garcia

Avec Bénédicte Choisnet, Bruno Cadillon, Yvon Martin, Denis Sebbah, Tessa Volkine
Batterie Allan Hové

Scénographie et costumes Anne Lezervant
Lumières Thierry Morin
Vidéos Mathias Delfau
Musique Thomas Bellorini
Son Allan Hové

Intention d’écriture
Le thème de notre nouvelle création s’est imposé suite à l’AVC d’un ami commun, contraint de subir une trépanation. En écoutant cet homme, en mesurant à quel point chaque perturbation de son système cérébral modifiait sa relation au monde (il ne sent le goût des aliments que quelques heures après les avoir mâchés), j’ai voulu écrire. Avec l’intuition qu’une partie de mon cerveau me cachait quelque chose.J’ai lu. Des essais, des romans autobiographiques, des revues spécialisées, j’ai passé du temps à interviewer des spécialistes de l’institut du cerveau. Des passionnés qui m’ont permis de réaliser une chose essentielle : mon cerveau (tout comme ma mémoire) est plastique. Il bouge ! Moi qui l’imaginais figé, j’ai découvert un organe élastique qui se remodèle en permanence et dissimule souvent. Lorsque l’imagerie cérébrale m’a prouvé que la pensée traçait des chemins matériels dans nos circuits neuronaux, j’ai compris qu’un épisode de ma vie que j’avais par tous les moyens tenté d’ignorer continuait d’y errer : le suicide d’Antoine D.L., mon premier amour, avec la carabine de son père, dans la foulée de notre rupture. Il avait 13 ans.J’ai compris que j’avais mis en pratique une stratégie de nettoyage de la mémoire. L’ombre d’Antoine D.L. s’est mise à pousser. Il devenait urgent de faire le deuil de sa mort et de trouver un accord avec ma culpabilité.Le projet d’écriture a donc pris une tournure intime, et mon appétit d’éclairages scientifiques sur le fonctionnement de la mémoire, de la honte, du désir, de l’attachement, du cerveau adolescent, de la résilience, s’est transformé en une boulimie tentaculaire !C’est la première fois que je risque un tel mélange avec la réalité.Il m’est vital de réparer mon adolescence, de laver ma honte en assumant tout. Je dois raconter à quel point les démarches poétique et scientifique, le travail collectif d’une compagnie, l’humour aussi, aident à faire face à l’inavouable. A travers ce parcours, j’espère que les spectateurs pourront apprécier la vertigineuse puissance de leurs capacités cognitives et émotionnelles, pour les mettre au service de leur bonheur.

Léonore Confino


Intention de mise en scène
Plateau nu. Camille, l’auteure, s’adresse au public pour raconter avec grand bonheur une histoire très triste. Parallèlement, Youri, neurologue, donne une conférence sur le thème « le bonheur est un sport ».Résonance, connexion : grâce au savoir de Youri, Camille va entrer en contact avec son propre cerveau et étudier son fonctionnement. Les spectateurs vont décoller du réalisme scientifique pour pénétrer l’intérieur de sa tête.

Welcome in your Fucking Brain !

Tout en prenant conscience que la pensée trace des chemins matériels dans nos circuits neuronaux, l’auteure comprend qu’un épisode douloureux de sa vie continue de hanter l’intérieur de sa tête : l’ombre d’Antoine DL se met à pousser.Nous sommes donc dans la tête de l’auteure et nous allons suivre son processus d’écriture. A l’antiquité, les orateurs se concentraient en imaginant un bâtiment, sorte de « maison» constituée de différentes pièces, loci, aux géométries et luminosités variées pour y déposer des objets, des personnes, constituant les éléments importants de leur discours. Une sorte de palais mental. Pour retrouver le chemin de leur pensée, ils se promenaient mentalement dans cette succession de loci. Les objets qui y étaient déposés fonctionnaient comme des révélateurs, des créateurs d’images. L’art de la mémoire est comme une écriture intérieure.

Notre scénographie part de cette mécanique : chaque espace / temps convoqué par Camille ou s’imposant à elle, sera signifié par la lumière ainsi qu’un élément du souvenir. Sur le plateau vide, apparaissent progressivement des structures légères, graphiques, modulables : escalier, néons, écrans de différentes matières, cadres métalliques, tables, chaises…Derrière le neurologue en pleine conférence, sont projetées des images du cerveau, permettant de décrire et localiser les organes.Puis l’image envahit la totalité de la scène et de la salle, on pénètre l’intérieur du cerveau, nous ne sommes plus spectateurs de l’image mais englobés par elle.De fonctionnelle elle devient poétique.On pénètre dans l’infiniment grand de ce cerveau aux milliards de neurones, comme si l’humanité y était condensée.Nous étions au début dans des espaces réalistes qui deviennent espaces mentaux : tout se transforme, les personnages suivent leurs parcours en interférant avec une scénographie mouvante, qui bouscule les perspectives… le bruit du monde devient musique intérieure. Chaque comédien joue d’un instrument (violon, guitare électrique, saxophone, clavier, harmonica, batterie) et accompagne les mouvements du cerveau de Camille. Nous assistons au processus de création. La batterie occupe un statut particulier : perçue du lointain derrière une porte, elle représente le fils muré dans son silence, mais aussi l’adolescent coincé en chacun de nous qui tambourine pour sortir de l’ombre (Antoine DL, le premier amour de Camille). Il est aussi notre pouls, le rythme de nos cœurs, le sang qui bat dans nos veines.Je voudrais qu’à travers ce voyage dans le cerveau, les spectateurs jouent avec nous le jeu de la fiction et du rêve, puissent s’émouvoir de la difficulté de la raison humaine à se frayer un chemin dans la réalité chaotique du monde.Notre compagnie, creuse son sillon de spectacle en spectacle pour agiter nos névroses ordinaires. Avec 1300 grammes, nous entrons plus profondément dans l’intime, nous explorons les « sillons » de nos fonctionnements neuronaux, en espérant que chacun puisse y découvrir quelque chose et se laisser convaincre que comme le dit l’auteur : « la bienveillance se muscle, la tolérance se muscle, le bonheur se muscle, Les capacités à mémoriser, s’intéresser, analyser, s’accepter, s’écouter, se calmer, se musclent physiquement par la pensée ».

Catherine Schaub

Léonore Confino 

Elle fait le mur à l’âge de 16 ans en partant à Montréal pour perfectionner sa pratique du trapèze. A son retour, elle poursuit une carrière de comédienne et des études de cinéma documentaire à L’ ESEC. En 2001, elle fait partie des jeunes talents de l’ADAMI et joue Tchekhov sous la direction de Niels Arestrup puis travaille avec Jean-Claude Penchenat, Serge Lipszyc, Catherine Schaub… Le goût de l’écriture est né d’une rage au ventre à force d’observations dans ses « boulots d’appoints ». En 2009, elle écrit Ring puis Building en 2010 : un regard indigné et corrosif sur notre manque d’engagement, nos lâchetés quotidiennes. Toutes deux sont publiées aux éditions l’œil du Prince. Building reçoit le Grand Prix du théâtre 2011 et bénéficie de la co-production de la FATP. Puis elle écrit Les Uns sur les autres, lauréat du comité Influenscènes, du festival Actuelles à Strasbourg, et reçoit les encouragements du CNT. La trilogie est montée par Catherine Schaub et publiée chez l’œil du Prince. Dans le cadre de la résidence à Poissy, elle compose deux pièces musicales à caractère social : Le bruit de la machine à laver et Des chats dans la gorge. En juillet 2015, Festival d’Avignon In, Léonore écrit Gros, grand, bruyant mais fiable à 100%, dans le cadre des « Binômes ». Cie les sens des mots. Son dernier texte, Le poisson belge, a reçu l’aide à la création du CNT et est publié chez Actes Sud. La pièce est créée en septembre 2015 par Catherine Schaub à la Pépinière. Elle est nommée aux Molières dans la catégorie auteur francophone.


Catherine Schaub

Après une formation de théâtre classique, elle entre à l’école de mime corporel de Paris et se forme parallèlement en danse contemporaine. En 1992, elle fonde la Compagnie la Tribu qui s’installe au « duplex » une salle de 400 m2 à Bagnolet. La compagnie crée plusieurs spectacles, tourne pendant 8 ans en France et à l’étranger. Puis Catherine travaille comme comédienne sur de nombreux projets, dirigée par Anne Coutureau, Carlotta Clerici, Yvan Garouel, Adrienne Bonnet, Gérard Maro, Delphine Augereau. Elle poursuit son travail de mise en scène, qui devient une nécessité. Elle devient l’assistante de Jacques Decombe, Julie Brochen puis François Marthouret avec qui elle collabore sur plusieurs projets avec les comédiens Anne Alvaro, Niels Arestrup, Gérard Watkins…Elle met en scène l’Illusion comique de Corneille au Théâtre Hébertot, La dispute de Marivaux, Les couleurs de la pluie d’Emmanuel Vacca. En 2007, elle écrit son premier texte Je suis le père de tout le monde, un spectacle autobiographique sur la famille recomposée, qui sera interprété par Michel Scotto di Carlo. Ensemble, ils fondent la Compagnie les Productions du Sillon qui défend essentiellement les auteurs contemporains. En 2009 la rencontre avec l’auteure et comédienne Léonore Confino est effervescente. La compagnie pose ses valises en 2011 dans la ville de Poissy où elle crée le premier volet de la trilogie, Building. Puis Catherine met en scène Ring en 2013 et Les Uns sur les autres en 2014. Elle monte Le poisson Belge en septembre 2015 à la Pépinière, avec Géraldine Martineau et Marc Lavoine.

Autour du spectacle

A vous de jouer !

Nous vous proposons de participer à des ateliers artistiques, avec des personnalités du monde du spectacle vivant.