Théâtre

Ode Maritime

vendredi 9 novembre à 21:00samedi 10 novembre à 21:00

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Salle Aéroplane
1h
Dès 15 ans

Ce texte de plus de mille vers, dont la lecture intégrale dure plus d’une heure, est aujourd’hui l’oeuvre de Pessoa la plus célèbre (écrite sous le nom d’Alvaro de Campos, l’un de ses nombreux pseudonymes).

Poème en fusion, voyance et illumination, dérèglement de tous les sens, un homme face à la mer se livre à la « mélancolie de pierre » d’un quai, puis hisse la grand-voile pour rejoindre la pleine mer.Ce qui ressemble de prime abord à une lecture, se révèle être un travail d’interprétation exigeant et d’un grand engagement.Guide du spectateur dans ce voyage tempétueux, Stanislas Roquette dégage au tout début une douceur qui ne laisse rien présager de la tempête intérieure à venir de son voyage immobile. Dans ce poème d’une dimension océanique, dont la force est celle du feu, Fernando Pessoa ne montre pas les « façades » maritimes, mais bien ce qu’il y a derrière. Un appel à l’imagination servi avec incandescence.

"Les paquebots qui la matin passent la "barre"
Charrient devant mes yeux
Le mystère joyeux et triste des arrivées et des départs"
Fernando Pessoa

De Fernando Pessoa
Conception et interprétation
Stanislas Roquette
Mise en scène Stanislas Roquette et Miquel Oliu Barton

Production Artépo, avec le concours des Nouvelles Hybrides, du Parvis-Avignon, des Plateaux Sauvages, de la Maison des Métallos, du Complot, d’État d’Esprit productions, du Théâtre de l’Opprimé et du Temple des Billettes. Spectacle créé le 13 juillet 2017 dans le cadre de la programmation du Parvis-Avignon, Festival d’Avignon 2017.

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  • Ode Maritime(c) Emile Zeizig
  • Ode maritime
  • Ode Maritime(c) Emile Zeizig

Traduction du portugais Dominique Touati, revue par Parcidio Gonçalves et Claude Régy
Sons Jérémy Oury
Lumières Geneviève Soubirou et Yvan Labasse

Seul, sur le quai désert, un matin d’été, un homme regarde l’océan et se laisse aller à ses pensées. Rêves de terres lointaines, désirs d’une vie de marin, chimères de navigations, visions hallucinées des abordages de pirates, soif de meurtres, échos lointains de l’enfance…
Les navires que l’homme voit au loin deviennent objets de fantasmes, cependant que son oeil se détourne de ce qui est là, tout proche. « Ne jamais épuiser mes désirs d’identité », proclame-t-il. Tout vivre, être partout, se laisser traverser par tous les destins, ne renoncer à rien.
C’est cette profession de foi, dont l’homme ne sortira pas indemne, qui me fascine et me pousse à vouloir dire ce texte. La mer, parce qu’elle est le lieu des échanges et des traversées, nous renvoie à l’impossibilité salutaire de fixer notre identité, par essence multiple et dynamique.
La langue poétique de Pessoa, tourbillon d’images et profusion de sensations, est une ode à l’imagination qui ouvre notre regard sur le monde.
Stanislas Roquette

Fernando Pessoa (1988-1935)
À la mort du poète portugais Fernando Pessoa en 1935, on découvrit, enfouis dans une malle, 27 543 textes que l’on a exhumés peu à peu. Touchant à tous les genres (excepté le roman), ces milliers de pages de littérature dont les langues s’exercent aussi bien en vers qu’en prose témoignent d’un écrivain protéiforme et soucieux de métaphysique. Sa renommée mondiale mais posthume, il la doit pour beaucoup aux « hétéronymes », ces poètes « survenus» en lui-même lors d’une expérience singulière de création qu’il dit avoir vécue le 8 mars 1914, et qu’il a rapportée en détail dans une lettre adressée à son ami Casais Monteiro. Ce « jour triomphal » marque l’entrée en scène de quatre poètes : Alberto Caiero, Alvaro de Campos, Ricardo Reis et Fernando Pessoa, «orthonyme », c’est-à-dire lui-même, qui naît « en réaction » à ces « hétéronymes ». Quatre personnalités littéraires aussi différentes les unes des autres que le sont leurs oeuvres respectives. Quatre biographies, quatre pensées, quatre voix, quatre langages poétiques. Des masques de poètes qui cachent une personnalité multiple. Fernando Pessoa, lui, ne quittera plus le port de Lisbonne après son adolescence.

Stanislas Roquette
Né en 1984, titulaire d’une maîtrise de Sciences Politiques, Stanislas Roquette est comédien, metteur en scène, et enseignant à Sciences-Po Paris et Paris-Dauphine pour des ateliers de pratique théâtrale et de prise de parole en public. En 2013 à Avignon, il met en scène La machine de l’homme (Jean Vilar et Dom Juan), spectacle repris en tournée depuis. En 2017, il met en scène en Russie et en russe Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne, de Jean-Luc Lagarce, puis Soulever la politique, de Denis Guénoun, à la Comédie de Genève en octobre 2017. Comédien nominé pour la révélation théâtrale au Prix du Syndicat de la Critique 2012, il a récemment joué sous la direction de Jacques Lassalle, Denis Guénoun, Christian Schiaretti, Gabriel Garran, Pauline Masson et Gérald Garutti.


Ode maritime : une déclamation poétique où flottent les rêves défaits

Stanislas Roquette offre une remarquable performance de lecteur qui, très vite, se libère de ses feuillets pour porter avec fougue cette poésie empreinte d’autant de lyrisme furieux que de mélancolie flottante. Dans une mise en scène épurée mais efficace et accompagnée d’arrangements sonores et mélodiques aussi pertinents que discrets, le comédien nous embarque dans cette parenthèse maritime, nous tous, « patriotes transitoires d’une même patrie incertaine » et rêvant aussi de voyages enivrants synonymes tout à la fois de beauté, d’exaltation, de sérénité et de volupté…
Lire la critique du blog La grande parade - juillet 2018

 

Stanislas Roquette prend le large

Au long de l’Ode maritime de Fernando Pessoa, le comédien navigue dans les flux et les reflux de l’imaginaire du poète portugais. Une performance où l’intensité le dispute à la finesse.
Lire la critique de Vincent Bouquet Sceneweb - juillet 2018