Théâtre musical

Traviata

Vous méritez un avenir meilleur

samedi 16 mars à 21:00dimanche 17 mars à 17:00

Ajouter l'événement à mon agenda

Réserver
Salle Jean Vilar
2h
Dès 16 ans

C’est à un moment de pure grâce que ce spectacle nous a conviés lors de sa création, en nous plongeant dans l’intimité de Violetta, héroïne lyrique insaisissable, plus que toute autre.

Dans ce Paris en plein essor industriel, au parfum entêtant d’essences de fleurs rares, d’alcool, de médicaments et d’argent prétendument inodore, Benjamin Lazar a choisi d’être au plus près du feu de l’amour et de la maladie qui consument cette femme, en mélangeant voix parlées, voix chantées et arrangements de la partition de Verdi pour ensemble de musique de chambre. Comme les témoins du drame qui se joue, les musiciens sur le plateau soutiennent Violetta, l’accompagnent ou s’effacent devant sa souffrance et assistent à sa condamnation par une société, aveuglée par ses préjugés. Un spectacle d’une intensité rare, bouleversant de justesse et de qualité, que le Théâtre de Suresnes est heureux de pouvoir vous présenter à nouveau.

En français et italien, parlé et chanté, surtitré en français

D’après La Traviata de Giuseppe Verdi
Conception Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla
Mise en scène Benjamin Lazar
Arrangements et direction musicale Florent Hubert et Paul Escobar

Production C.I.C.T. – Théâtre des Bouffes du Nord. Coproduction Théâtre de Caen, Espace Jean Legendre, Théâtre de Compiègne – scène nationale de l’Oise en préfiguration, Le Parvis – scène nationale / Tarbes-Pyrénées, le Théâtre – scène nationale / Mâcon-Val de Saône, Tandem-scène nationale / Arras, Théâtre Forum Meyrin/Genève, Le Moulin du Roc–scène nationale / Niort, Théâtre de l’Incrédule, Cercle des partenaires des Bouffes du Nord. Action financée par la région Île-de-France. Avec le soutien de la Spedidam et l’aide d’Arcadi Île-de-France. Avec la participation artistique du Jeune théâtre national. Construction des décors Ateliers du Moulin du Roc – scène nationale / Niort. Le Théâtre de l’Incrédule est soutenu par la région Normandie.

  • Traviata
  • Traviata(c) Pascal Gély
  • Traviata(c) Pascal Gély

Avec Florent Baffi le médecinSafi r Behloul Alfredo GermontJérôme Billy Giorgio GermontRenaud Charles fl ûteElise Chauvin Violetta ValéryAxelle Ciofolo de Peretti clarinetteMyrtille Hetzel violoncelleBruno Le Bris contrebasseGabriel Levasseur accordéonSébastien Llado tromboneBenjamin Locher cor / le baron DoupholMarie Salvat violonJuliette Séjourné Flora Bervoix / Anina

Chef de chant Alphonse Cemin
Scénographie Adeline Caron
Costumes Julia Brochier
Lumières Maël Iger
Maquillages et coiffures Mathilde Benmoussa
Assistante à la mise en scène Juliette Séjourné
Assistants à la scénographie Nicolas Brias et Fanny Commaret

"Un parfum entêtant et paradoxal de rêve et de réalité flotte autour de La Traviata, comme si la vie et la mort de cette femme dite « dévoyée » semblaient à la fois plus réelles et plus insaisissables que celles des autres héroïnes lyriques. Ce parfum composé d'essences de fleurs rares, d'alcools, de médicaments, de peaux caressées, d'argent prétendument inodore, Giuseppe Verdi a réussi à en imprégner profondément son tissu musical, alors qu'il s'évaporait tout juste de l'histoire de la courtisane Marie Duplessis, morte en 1847, six ans avant la création de l'opéra à Venise.
Dans Traviata - Vous méritez un avenir meilleur, les spectateurs sont invités dans l'intimité de Violetta à voir de tout près le feu auquel elle se livre, parmi les convives de cette fête musicale et fantasmagorique où se mêlent théâtre et opéra, voix parlées et voix chantées, où la distinction entre instrumentistes et chanteurs se brouille, où Charles Baudelaire se trouve assis près de Christophe Tarkos et où chantent et meurent les fantômes de ce Paris en plein essor industriel dont nous vivons à présent l'avenir."


Benjamin Lazar

Libre, plongeant dans l'inconnu
"Si un livre doit être la hache qui brise en nous la mer gelée, comme le dit Kafka, La Traviata et la puissante force humaine de Violetta viennent faire craquer violemment tout ce qui aurait enseveli cette hâte et cette appétence à vivre effrontément - à se consumer sans filtre - à être livré au feu de l'expérience et aux sentiments brutaux qui secouent le coeur quand l'amour naît, et que la mort rôde.
Ce parfum de vie entêtant, exacerbé par la perte certaine et les gouffres d'abandon où doit s'abîmer cette femme ; la beauté inexorable de la musique par laquelle la grâce se révèle dans la souillure même, cet endroit exact, ce destin, cette vibration, je les reconnais. J’entrevois aujourd'hui avec une joie infinie que le temps est venu, que le premier coup a été lancé, que la glace se brise, que l'océan est vaste et que notre navire bénéficie d'une parfaite et alchimique concordance de par chaque membre de son équipage.
En un mot, j'y crois dur comme le fer de la hache.
Comme Violetta succombe avec une foi intacte.
Ritorno a viver, o gioia!" 


Judith Chemla

Benjamin Lazar, mise en scène
Metteur en scène et comédien, Benjamin Lazar lie la musique et le théâtre depuis ses premiers spectacles. En 2004, sa mise en scène du Bourgeois Gentilhomme, dans la production du Poème Harmonique, incluant tous les intermèdes et ballets de Lully, rencontre un très grand succès public et critique. La même année il fonde sa compagnie Le Théâtre de l'incrédule. Il y crée notamment L'Autre Monde ou les États et Empires de la Lune d'après Cyrano de Bergerac donné au Théâtre de l'Athénée en 2008 et 2013, Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé de Théophile de Viau, Les Caractères de La Bruyère, Fables d'après La Fontaine, Feu d'après Pascal, Visions d'après Quevedo, Comment Wang-Fô fut sauvé de Marguerite Yourcenar Artiste associé de 2010 à 2013 à la scène nationale de Quimper, il y a créé notamment en 2010 l'opéra Cachafaz (Copi/Strasnoy) et, en 2013, Pantagruel, avec Olivier Martin-Salvan.
En dehors de ses créations au sein du Théâtre de l'incrédule, Benjamin Lazar se consacre également à la mise en scène d'opéra. Il a été invité dans des lieux comme l'Opéra-Comique, le Théâtre des Champs-Élysées, le Théâtre de Caen, le Théâtre des Arts, l'Opéra de Saint-Étienne, l'Opéra de Rennes, le Grand Théâtre du Luxembourg, le Grand Théâtre d'Aix-en-Provence ou le Badisches Theater à Karlsruhe. Il a collaboré, entre autres ensembles, avec le Poème Harmonique, les Arts Florissants, Les Musiciens du Louvre, les Cris de Paris et le Balcon. Ses réalisations vont de l'opéra baroque à la musique contemporaine : La Vita humana de Marazzoli, Cadmus et Hermione de Lully, Il Sant’Alessio de Landi, Egisto de Cavalli, Cendrillon de Massenet, Cachafaz de Strasnoy, Ariane à Naxos de Straus, Riccardo Primo de Haendel. En juin 2015, il crée Le Dibbouk d'An-ski au Printemps des Comédiens. La tournée 2015- 2016 commencera par les représentations au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis.

Florent Hubert, direction musicale
Des études d’écriture, d’orchestration et de musicologie ont complété sa formation de musicien de jazz. Il est un des fondateurs du Nagual Orchestra qui se produit dans plusieurs festivals et obtient le premier prix des Trophées du Sunside en 2009. Il rencontre ensuite Samuel Achache et Jeanne Candel avec qui il crée Le Crocodile Trompeur comme directeur musical, comédien et musicien. Ce spectacle, libre adaptation de Didon et Enée de Purcell, obtient le Molière du meilleur spectacle musical en 2014.
Il est comédien et musicien dans Le Goût du faux, spectacle co-écrit et mis en scène par Jeanne Candel dans le cadre du festival d’automne et qui sera en tournée au printemps 2016. Il joue dans Fugue, spectacle musical co-écrit sous la direction de Samuel Achache et produit par la Comédie de Valence, créé au cloître des Célestins dans le IN du festival d’Avignon et en tournée en 2016. Avec Jeanne Candel et Samuel Achache, il prépare en tant que directeur musical et arrangeur une nouvelle création autour de L’Orfeo de Monteverdi qui sera créée en janvier 2017.

Judith Chemla, conception
Elle étudie le théâtre au CNSAD et le chant lyrique aux conservatoires régionaux d’Aubervilliers et de Bourg–la Reine. Dès l'âge de 17 ans, elle enchaîne les expériences, sur scène, où elle joue La Tempête de Shakespeare, Le Nom de Jon Fosse, Soirée de gala adapté de Tchekhov par Roger Planchon... Au cinéma, elle intègre la bande d'ados branchés de Hellphone de James Huth (2006), les troupes drolatiques de Faut Qu'ça Danse de Noémie Lvovsky (2007) et de Musée Haut, Musée Bas de Jean-Michel Ribes (2008), Pierre Schoeller lui offre un premier rôle remarqué, celui de la jeune mère larguée de l'intense et humaniste Versailles (2008) face à Guillaume Depardieu.
Elle intègre la Comédie Française à sa sortie du conservatoire en 2007 où elle travaillera un an et demi. Elle joue le maître de maison Molière tout comme Corneille, Hanokh Levin, Ödön von Horvath et Eduardo de Filippo. Elle défend en parallèle une poignée de courts métrages, du Petit Chaperon Rouge de Shinji Aoyama à Fuir de Virginia Bach (2008-2012). Elle varie toujours les genres, des étoffes romanesques de La Princesse De Montpensier (Bertrand Tavernier) à la fantaisie contemporaine pour De Vrais Mensonges (Pierre Salvadori) et Je Suis Un No Man's Land (Thierry Jousse) (2010). Les planches la rappellent pour servir les éclectiques Russell Banks, Valère Novarina et Rafael Spregelburd. Elle se consacre notamment à des projets plus personnels comme le spectacle Tue-Tête qu’elle crée avec James Thierrée, joué en décembre 2010 au Théâtre des Bouffes du Nord.
Puis Noémie Lvovsky l'embarque dans sa joyeuse bande de copines adolescentes de Camille Redouble (2012) en extravertie Josépha, qui lui vaudra une nomination au César de la meilleure actrice second rôle et le Prix Lumière 2013 catégorie meilleur espoir féminin. À la télévision elle est tour à tour la sombre héroïne d'Engrenages saison 4 (2012), la blanche neige déjantée de Siegrid Alnoy dans Miroirs miroirs (2012), l'attachante psychotique de 15 jours ailleurs aux côtés de Didier Bourdon (2013), la jeune héroïne pincée de Marcel Aymé dans Le Boeuf clandestin (2013). Dernièrement au cinéma elle partage l'affiche avec Géraldine Nakache et Yaël Abecassis dans Rendez-vous à Atlit de Shirel Amitay en 2015, et avec Anders Danielsen Lee dans ce Sentiment de l'été réalisé par Mikhael Hers bientôt sur les écrans.
Artiste complice du Théâtre des Bouffes du Nord, elle a récemment interprété Didon dans Le Crocodile trompeur / Didon et Enée mis en scène par Samuel Achache et Jeanne Candel (2013) ; Violaine dans L’Annonce faite à Marie de Paul Claudel, mis en scène par Yves Beausnesne (2014), et propose un concert original autour de son univers musical, Crack in the sky (2015).

Deux heures magiques de théâtre et de musique.
Un spectacle de pure grâce, un moment magique, rare.
Rien ne manque dans cette adaptation du drame verdien, trouée ou parsemée avec à-propos, humour ou gravité de digressions théâtrales issues du roman ou de son adaptation à la scène de 1852. L'incursion de ce réel de l'époque, parfois irrésistiblement prosaïque constitue des moments de respiration savoureux dans la forme codifiée de l'Opéra.
L'adaptation de la partition pour 8 instruments par Florence Hubert et Paul Escobar est un bijou de poésie, d'émotion, de second degré parfois et de justesse dramaturgique. La voix est prenante, une voi entre éclat et murmure, violence et renoncement, qui n'esquive pas les difficultés d'un rôle réputé l'un des plus exigeants du répertoire.
L'espace de deux heures, Benjamin Lazar fait de nous non plus des spectateurs jouisseurs et compassionnels, mais bel et bien des amoureux blessés au point d'en mourir.
Marie-Aude Roux, Le Monde, 24 septembre 2016

Musiciens et acteurs se mêlent sur le plateau dans un délicieux et savant brassage de musiques, de chants et de paroles. La musique s'intègre ici si bien au récit qu'elle le sublime davantage. La magie de la représentation tient aussi à cette fluidité, à cet entrelacs entre opéra et théâtre, comédiens et musiciens.
Fabienne Pascaud, Télérama, 5 octobre 2016

Cette Traviata nous raconte l'essentiel, nous joue le plus beau et dispense en deux heures un concentré de sensations : on rit, on pleure, on ne sait plus dans quelle époque on se trouve, happé par cet espace scénique différent qui autorise une proximité inhabituelle avec les artistes.
Radioclassique.fr, 26 septembre 2016