Ce drame postmoderne exige une intensité et une vérité des acteurs sans pareil. Les membres du Collectif In Vitro donnent tout pour y parvenir… Ils portent la mélancolie à incandescence.
Les Echos
Tout est juste, fort, et l’on arrive au bout de cette épopée miniature bouleversé. Bouleversé par ces humains qui nous ressemblent.
Pariscope
Une adaptation libre et joyeuse portée par des acteurs totalement impliqués, dont le jeu presque naturaliste donne une sacrée consistance aux personnages.
L’Humanité
Les acteurs sont dans l’ensemble formidables… Le spectacle de Julie Deliquet inscrit la force tragique de l’auteur russe dans notre aujourd’hui avec une justesse rare.
Le Monde
Un projet porté magnifiquement par l’engagement total des acteurs, une mise en scène fluide qui a l’élégance de s’effacer… C’est tout simplement poignant.
Un fauteuil pour l’orchestre
Mélancolie(s), l’esprit de Tchekhov renouvelé ingénieusement par Julie Deliquet
Après nous avoir conviés à la table d’un oncle Vania tout en mélancolie et intensité, Julie Deliquet nous plonge au cœur du mal de vivre qui consume les âmes slaves d’Ivanov et des Trois Sœurs. Mêlant adroitement deux œuvres de Tchekhov et écriture de plateau, la jeune metteuse en scène signe un spectacle ultra-contemporain et habité qui bouleverse et enivre. Vertigineux !
[…] De cette étonnante rencontre entre les protagonistes d’Ivanov et ceux des Trois Sœurs, Julie Deliquet et son collectif In vitro en tirent une trame singulière faite de récits empreints d’une mélancolie immense, presque morbide, qui s’entrecroisent, s’entremêlent et s’entrechoquent. Puisant dans l’œuvre d’Anton Tchekhov un mal de vivre symptomatique de l’âme slave, elle esquisse un portrait âpre, saisissant d’une époque, d’une société désillusionnée. Trouvant dans l’écriture de ce dernier un écho à ses propres émois, ses propres doutes, ainsi qu’à ceux des membres de sa troupe, la jeune metteuse en scène mêle avec habilité et ingéniosité textes du dramaturge russe et écriture de plateau.
Tout en finesse, Julie Deliquet tisse autour de ses comédiens une trame ciselée, resserrée qui les prend au piège de leur propre réflexion, de leur propre histoire, les obligeant petit à petit à dépasser leur personnage pour dévoiler une part d’eux-mêmes. Entrelaçant astucieusement vie privée et fictionnelle, elle nous entraîne dans un tourbillon émotionnel bouleversant où de spectateur l’on devient confident. Cette sensation d’être les témoins privilégiés de ces drames existentiels est renforcée par le jeu totalement habité des comédiens, tous poignants, sincéres. Très vite, on oublie qu’on est au théâtre, tant on a l’impression grisante, enivrante, que les tourments de ces êtres en mal de vivre envahissent l’espace et nous saisissent.
Gommant toutes références historiques, la jeune metteuse en scène signe une pièce intemporelle, utra-contemporaine, d’une rare intensité. Continuant son travail exploratoire dans l’univers mélancolique dans l’œuvre de Tchekhov, elle nous entraîne au plus prêt de ce vague à l’âme si prégnant, si astringent, stigmate noir d’une génération désenchantée. Un moment de théâtre vibrant !
L’Oeil d’Olivier – 20 octobre 2017
Julie Deliquet, metteuse en scène, était l’invitée de la 1ère partie de l’émission La Grande table d’Olivia Gesbert, sur France Culture, le 13 novembre 2017. Ecoutez son interview en intégralité :