Le festival Suresnes cités danse s’ouvre, pour sa 28ème édition, avec deux spectacles en un sous le signe des métissages et de la liberté : Massiwa et Telles Quelles/Tels Quels.
MASSIWA [Création]
de Salim Mzé Hamadi Moissi
Après la programmation de Soyons Fous de la compagnie Tché-Za au festival Suresnes cités danse en 2019, le Théâtre de Suresnes Jean Vilar a passé commande à Salim Mzé Hamadi Moissi d’une nouvelle pièce. En ouverture de la 28ème édition du Festival, le spectacle Massiwa (qui signifie « les îles » en comorien) ouvre de nouveaux horizons à la danse hip hop. Dans cette pièce pour sept interprètes, Salim Mzé Hamadi Moissi nous convie à un voyage inhabituel au sein de cet archipel volcanique de l’Océan Indien où il est né et a grandi. Pour quelles raisons aime-t-on le lieu d’où l’on vient ? Qu’a-t-on envie d’en transmettre aux autres ? Comment en conserver la beauté et l’originalité ? Celui qui assure à ceux qui visitent les Comores : « si tu viens chez moi, tu ne voudras pas retourner chez toi tellement tu vas aimer », dresse un portrait en quatre tableaux de la vie d’un Comorien d’aujourd’hui. Inspiré par des danses traditionnelles comme le wadaha, style féminin, ou encore le shigoma et le biyaya, Salim Mzé Hamadi Moissi nous emporte sur des rythmes afro et classiques.
TELLES QUELLES / TELS QUELS [Création]
de Bouziane Bouteldja
Le titre de la nouvelle pièce de Bouziane Bouteldja Telles quelles / Tels quels met d’emblée en miroir les femmes et les hommes. Avec trois danseuses et quatre danseurs, marocains et français, le chorégraphe questionne l’identité des jeunes générations dans un monde globalisé qui atténue apparemment les différences culturelles en plongeant tout le monde dans le même remix. En s’emparant des histoires individuelles contrastées de chacun, collectées au fil des répétitions, Bouziane Bouteldja veut ausculter l’évolution des rapports entre les femmes et les hommes, celle de l’égalité des sexes, de la construction du genre, de la religion. Autant de thèmes délicats et périlleux que le chorégraphe hip hop exacerbe dans une danse intense, nourrie de hip hop et de traditions, qui sait aller au contact avec l’autre.
Sept ans après le spectacle Altérité, créé avec Coraline Lamaison, et qui remporta le premier prix du concours (Re)Connaissance, Bouziane Bouteldja s’attaque une fois de plus à des questions de fond pour casser les clichés, en particulier orientalistes, et dégager une autre harmonie pour tous.
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