Conception et chorégraphie Ali et Hèdi Thabet
C’est une cour intérieure usée par le temps. Un lieu de passage aux murs nus, à la pauvreté sans fioritures. Drôle d’endroit pour une rencontre ? Au contraire. Où mieux que dans cet espace à la fois vide et habité, ouvert à tous les possibles, se croiseraient les figures de la mort, de la raison et de la folie, les trois personnages imaginés par Ali et Hèdi Thabet ?
La rencontre, c’est aussi celle de la musique soufie. Interprétée en live par cinq chanteurs, elle est présente non comme un simple accompagnement sur lequel se grefferaient pas et gestes, mais comme un acteur à part entière de la création. Ce sont les chants et les voix, en interaction avec les gestuelles des personnages, qui donnent à la pièce sa nécessité intérieure.
Dans la musique soufie, c’est l’état de transe provoqué par la répétition de mots chantés ou psalmodiés qui permet d’accéder au spirituel et au divin. De même, dans Rayahzone, c’est la circulation des corps et leur énergie propre qui créent les sensations.
Hors de tout récit, Rayahzone est un spectacle à recevoir sans détours, qui trouve un écho dans la sensibilité de chacun.