Chorégraphie et mise en scène David Drouard
Mais combien sont-ils? Et cette créature, perchée sur des sabots de vingt centimètres, est-ce un homme? Une femme? Un animal?
Dans (H)ubris – la « démesure » en grec –, le multimédia manie l’illusion comme un dieu de l’Olympe pour s’emparer de la scène et embarquer le spectateur dans un voyage privé de tout repère. « Accessoirisés » par les arts numériques, les corps objets des danseurs servent de support à des projections vidéo qui les distordent, les manipulent ou les dédoublent.
Après le solo F, comme Faune, David Drouard confie à cinq breakers la mission de dérouler la suite de l’histoire. Mi homme, mi bouc, le héros de la mythologie immortalisé par Nijinski retrouve les nymphes pour une fantasmagorie sensuelle et mystérieuse.
Une pièce de facture plutôt contemporaine dont les danseurs hip hop, choisis « parce qu’ils sont plus bruts », bousculent l’esthétisme pour le charger de sens. En peuplant sa dernière création de personnages hybrides, le chorégraphe ancre, plus que jamais, sa danse dans l’actualité.