Mathilda May
Fille du dramaturge Victor Haïm et de la danseuse Margareta Hanson, Mathilda May, aux habitudes qui sclérosent, préfère les rencontres qui la bousculent et fouettent le sang. En atteste un parcours qui ne cesse de brouiller les pistes. Après des études de danse au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, lestée d’un premier prix de danse classique, elle quitte un chemin tout tracé et passe du cinéma au théâtre, de la télévision à la chanson. Au cinéma, elle tourne avec des réalisateurs aussi différents que Claude Zidi, Georges Lautner, Jacques Demy, Werner Herzog, Michel Deville ou encore Claude Chabrol. Au théâtre, on a pu la remarquer dans Le Retour de Pinter mis en scène par Bernard Murat, mais surtout dans Plus si affinités, spectacle qu’elle initie, écrit et joue en tandem avec Pascal Légitimus et avec le même succès pendant trois ans. En 2013 et 2014 elle écrit et met en scène Open Space au Théâtre de Suresnes, renouant avec son passé de danseuse. La pièce, présentée au Théâtre du Rond-Point (2014) et au Théâtre de Paris (2015), assure actuellement une belle tournée.
Bboy Junior
Junior Bosila Banya, dit BBoy Junior, est un danseur et chorégraphe de renom. Il débute le break-dance à l’âge de 16 ans. En 2000 il intègre le collectif WANTED POSSE, collectif avec lequel il remporta les championnats du monde l’année suivante. Toujours avec ce même collectif il co-chorégraphie et interpréte plusieurs créations tel que Bad Moves (2002), Trance (2006) ou encore Konnexion (2010). Par la suite il participe à divers plateaux de télévision et multiplie les apparitions sur France 2, France 4, Trace Tv ou Canal +. Jamel Debbouze, Alain Chabat ou encore Madonna font appel à lui. En 2007, il remporte l’émission « La France à un Incroyable Talent » sur M6, ce qui lui permet de comfirmer sa notoriété auprés du grand public. C’est en 2008, après son retour d’un voyage au Congo, sa terre natale, qu’il se lance dans la création de son premier spectacle solo « BUANATTITUDE ». Toutes ces créations le mèneront aux quatre coins du globe. Même si son art est souvent qualifié de « hors normes » , Junior a su conquérir le public et marquer les esprits. Sur internet, il est devenu le break-dancer le plus visionné au monde avec des vidéos comptabilisant plusieurs millions de vues. Junior est en réalité bien plus qu’un danseur, il a fait évoluer sa discipline.
Amala Dianor
Danseur hip hop, Amala Dianor suit en 2000 une formation au CNDC. Il travaille par la suite comme interprète pour des chorégraphes aux univers très différents (hip hop, néo-classique et contemporain), Il obtient rapidement une reconnaissance indéniable dans le monde de la danse. Au cours de ces années, Amala construit son écriture : il passe dune technique à une autre avec virtuosité, mais c’est la rencontre de ces mondes qui l’attire. Au sein du Collectif C dans C il chorégraphie (ou co-chorégraphie) et interprète ses premières pièces : Tranche de Vie (2005), Lun@Rêves (2006), Engin Ar (2008), Rareté (2008) et Crossroads (2012) qui gagnera deux prix au concours R(e)connaisance. En 2012 il crée sa propre compagnie, la compagnie Amala Dianor au sein de laquelle il développe son travail de chorégraphe. L’année suivante il créé Parallèlle un quatuor féminin au Centre National de la Danse. En 2014 il chorégraphie avec BBoy Junior le duo Extension, une rencontre surprenante entre ces deux personnalités du hip hop français. Cette même année il crée et interprète son premier solo, Man Rec, présenté au festival d’Avignon.
[COLUMN]
Sly Johnson
Il prenait la parole sous le pseudonyme de The Mic Bouddha. Quoi de plus normal quand on sait qu’il a grandi à l’écoute des Fat Boys, pionniers new-yorkais du beatboxing, un art et des manières où il va exceller à l’excès au sein du collectif Saïan Supa Crew. Avec sa voix, il tonne et étonne, il détonne et cartonne, au risque de passer à côté de l’essentiel. «J’avais le sentiment d’être le clown de service : et voilà le human beat-box!» Il est l’heure de mettre un grain de soul, un supplément d’âme, dans ses exercices de haute voltige vocale. Une autre vie commence en 2007, avec la fin du Saïan Supa Crew. Il se cherche depuis quelques années et on le retrouve aux côtés de Camille, Oxmo Puccino, Rokia Traoré ou encore Erik Truffaz avec qui il va enregistrer un duo. Aux Victoires du Jazz, il partage la scène avec Dee Dee Bridgewater, pour un hommage à James Brown. La chanteuse s’exclame : « Ce type a le son des gars de Memphis! » Dans cette quête d’identité artistique, Jean-Philippe Mano, un disquaire hip hop, va le guider : il lui fait goûter aux versions d’origine, les classiques du funk et de la soul, la matière première. Cet univers, c’est son enfance, peuplée de LP, ceux de son père congolais qui l’a élevé seul à Montrouge. De la salsa, de la rumba, du jazz, de la soul … naturelle et absolue. Le sentiment de résemption flotte dans la chanson qui donne son titre à ce premier opus, 26/06/74, un slam qui prend des accents de soul, des éclats d’âme qui rappellent M’Bume le classique gospel sud-africain. Ce thème dont il ressort apaisé donne le ton et le diapason de cet album : chacun des morceaux retrace un parcours de vie, une destinée marquée par le doute de soi et l’amour des autres, malgré lui, malgré tous. Le Français a composé le répertoire de son album à partir de sa voix, sublimée par le producteur Jay Newland (Norah Jones, Ayo) qui a réuni autour de Sly Johnson une équipe branchée « Great Black Music ».