• Saison 2017-2018
Salle Jean Vilar
1h30
Dès 8 ans

Orchestre national d’Île-de-France
Direction Ottavio Dantone

La musique sait parfois nous saisir comme le fait le spectacle de la nature, non en l’imitant mais en l’égalant en force.

Georges Ier d’Angleterre l’avait bien compris en faisant accompagner sa procession sur la Tamise par les Water Music expressément commandées à Haendel, avec forces fanfares et timbales. Quelques décennies, c’est à Georges II que Haendel destine ses Feux d’artifice royaux pour célébrer la victoire de la Guerre de succession sur l’Autriche. Compositeur classique, Haydn aussi connaissait la portée des effets, lui qui dans son oratorio La Création fait entendre la naissance du monde.

Apogée de la symphonie classique, la 103e fera entrer les effets de plein airs dans la salle de concert.

Georg Friedrich Haendel 1685-1759
Water Music (Musiques sur l’eau), suite nº 1 en fa majeur, HWV 348
Musique pour les Feux d’artifice royaux, HWV 351

Joseph Haydn 1732-1809
Le Monde de la Lune, ouverture
Symphonie nº 103 en mi bémol majeur, « Roulement de timbales », Hob. I: 103

Pour les fêtes royales données en extérieur, dans le faste du plein air, Haendel a écrit ces musiques grandioses, simples et solennelles qui sont devenues depuis de grands succès. Il n’est pas difficile en effet d’imaginer avec elles ce que devaient être ces fêtes durant lesquelles l’on contemplait le ciel illuminé, avec le bruit des fontaines, des fleuves et des rocailles… Le modèle est évidemment Versailles. Il est probable que Haendel ait composé ses Water Music en 1733, pour un orchestre de cinquante musiciens accompagnant le monarque George 1er sur la Tamise, entre Whitehall et Chelsea.
Un peu plus tard, en 1749, il récidive avec les Fireworks (Feu d’artifice) pour célébrer le traité d’Aix-la-Chapelle. Aux abords de la Tamise, embouteillage monstre de tous les carrosses venus découvrir cette « superproduction pyrotechnique », près de 12000 personnes sont venues admirer ce spectacle unique.
En contrepoint, la musique de Haydn semble intimiste. Elle aussi écrite pour Londres (mais dans une salle cette fois-ci…), la Symphonie « Roulement de timbales » (1795) utilise les percussions comme les Fireworks de Haendel. Chez ce dernier, les timbales servaient à couvrir le son de la détonation des fusées ; alors que chez Haydn, c’est pour surprendre l’auditoire dès le premier mouvement que cette percussion fait brusquement irruption.