Johan Inger, chorégraphe
C’est au sein du Nederlands Dans Theater, où il était danseur sous la direction de son maître Jiří Kylian, que Johan Inger, formé à l’école du Ballet royal de Suède, a conçu en 1995 sa première pièce, Mellantid. Depuis, il a été directeur artistique du Cullberg Ballet entre 2003 et 2008 puis chorégraphe associé au NDT de 2009 à 2015, réalisant plusieurs pièces dont Dream Play et Walking Mad qui recevront respectivement le prix Lucas Hoving en 2001 et le Danza & Danza’s Award en 2005. Au gré de ses collaborations avec plusieurs compagnies, dont le Ballett Basel en Suisse, le Ballet royal de Suède, la Compania Nacional de Danza en Espagne, l’Aterballetto en Italie ou les Ballets de Monte Carlo, Johan Inger bâtit une oeuvre originale, riche aujourd’hui de près d’une quarantaine de ballets. Ses créations, qui marient écriture néoclassique, puissance dramatique et audace contemporaine, sont toutes marquées par un équilibre entre recherche esthétique et invention gestuelle. Carmen pour la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne a été couronnée en 2016 du Benois de la Danse, tandis que Bliss par l’Aterballetto a reçu la même année le prix Danza&Danza. Créé en 2012 pour la compagnie junior NDT2, I New Then, sur la musique nostalgique de Van Morrison, est entré en 2017 au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon. Sa dernière création (mai 2017) revisite l’histoire de Peer Gynt pour le Ballet de Bâle.
Jiří Kylián, chorégraphie
Jiří Kylián est né à Prague en 1947. Sa mère, danseuse et professeur, guide ses premiers pas de danse. Il devient à 9 ans élève de l’Ecole du Ballet national de Prague, puis entre en 1962 au Conservatoire de sa ville natale où il suit les cours de classique auprès Zora Semberova, mais aussi ceux de modern dance (technique Graham) et de danse folklorique. En 1967, bénéficiant d’une bourse du British Council, il vient à Londres, alors en plein bouillonnement culturel, se perfectionner à la Royal Ballet School.
De passage dans la capitale anglaise, le chorégraphe John Cranko le remarque et lui propose de rejoindre sa compagnie à Stuttgart. Revenu à Prague pour quelques semaines de vacances en 1968, Kylián participe aux manifestations du Printemps de Prague, jusqu’à l’invasion par les chars soviétiques. Juste avant la fermeture des frontières, il quitte la Tchécoslovaquie et se réfugie en Allemagne, où il rejoint le Ballet de Stuttgart. Il y devient bientôt soliste et y réalise dès 1970 sa première chorégraphie, Paradox. Après la mort brutale de John Cranko en 1973, il est invité au Nederlands Dans Theater à La Haye et est associé deux années plus tard à la direction artistique (avec Hans Knill). Suite aux succès de La Cathédrale engloutie, Return to a Strange Land, La Nuit transfigurée en 1975, de Symphony in D en 1976, Sinfonietta et Symphonie de psaumes en 1978, œuvres faisant preuve déjà d’une belle écriture chorégraphique, Kylián est nommé en 1978, à 30 ans, directeur du NDT.
Il va hisser la compagnie à un niveau international et l’ouvrir aussi à d’autres chorégraphes (William Forsythe, Mats Ek, Ohad Naharin, Maurice Béjart). En 1990 il crée à côté de la troupe principale le NDT1, un groupe junior le NDT2 (jeunes danseurs destinés à entrer par la suite dans la grande compagnie) et un groupe senior le NDT3 (réunissant quelques danseurs de plus de 40 ans). Après vingt-quatre ans à la tête de la tête de la compagnie et soixante-quatorze ballets créés, Jiří Kylián choisit de quitter ses fonctions de directeur général du NDT en juin 1999, tout en demeurant jusqu’en décembre 2009 chorégraphe en résidence (la troupe est désormais dirigé par Sol Léon et Paul Lightfoot).
Jiří Kylián a à ce jour chorégraphié plus d’une centaine de ballets, que ce soit pour la scène, le cinéma et même la télévision. Nombre d’entre eux ont été créés pour des compagnies étrangères ou sont entrés à leur répertoire. C’est le cas notamment pour le Ballet national de Norvège, et pour le Ballet de l’Opéra de Lyon, auprès duquel Kylián est en résidence artistique pour trois ans jusqu’en 2019. Titulaire de nombreuses récompenses, parmi lesquelles plusieurs Benois de la Danse et Nijinski Awards, Jiří Kylián est l’un des rares chorégraphes à avoir reçu un Lion d’Or à la Biennale de Venise pour l’ensemble de sa carrière. Il a également été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. En 1988, il a créé la Kylián Choreographic Archive, devenue la Kylián Fondation, destinée à protéger son répertoire et à favoriser l’innovation artistique.