Salle Jean Vilar
Tarif A+
1h50
Dès 10 ans

Un Bolero – Chorégraphie Dominique Brun et François Chaignaud
Les Noces – Chorégraphie Bronislava Nijinska, conception et dramaturgie chorégraphique Dominique Brun 
Sacre # 2 – Chorégraphie Dominique Brun assistée de Sophie Jacotot, d’après Vaslav Nijinski Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky 

Plus d’un siècle après son coup de tonnerre inaugural, la révolution des Ballets russes n’en finit pas d’irriguer la création.

Dominique Brun, déjà auteure d’une recréation de L’Après-midi d’un faune (1912), réunit au cours d’une soirée exceptionnelle spécialement conçue pour le Théâtre Jean Vilar trois pièces emblématiques de la compagnie de Diaghilev : Le Sacre du printemps (1913) de Vaslav Nijinski, dont elle propose une reconstitution historique, ainsi que Les Noces (1923) et Un Bolero (1928) de sa sœur Bronislava Nijinska. Le génie de celle qui fut l’unique femme chorégraphe de la troupe est souvent éclipsé par celui de son très illustre frère aîné.
C’est pourtant elle, qui la première, adapta et dansa pour la compagnie d’Ida Rubinstein en 1928 ce Boléro composé par Maurice Ravel. Sa chorégraphie audacieuse et sensuelle allait ensuite inspirer le célébrissime Boléro de Maurice Béjart. Dans un esprit arabo-andalou empruntant aussi au Bûto japonais, Dominique Brun co-signe avec François Chaignaud une réinvention audacieuse de ce solo mythique.

En revanche pour Noces, entre inspirations folkloriques et gestuelle très contemporaine, la chorégraphie frappe par son étonnante modernité. Elle met en lumière la brutalité de ces mariages forcés, qui satisfont aux rituels de la communauté au détriment du désir des époux. En deuxième partie, le Sacre#2 s’impose comme une véritable déflagration cosmique. Dominique Brun, au plus près des sources d’époque, reconstitue la formidable dynamique des corps sur la partition originale de Stravinsky. Et rend à ce chef-d’œuvre toute sa force intemporelle.

Autour du spectacle

Théâtre de Suresnes
Découvrez les secrets de fabrication d’un spectacle en création ! Le Théâtre Jean Vilar lève le rideau sur le travail des artistes et des techniciens et permet à un nombre restreint de spectateurs d'assister à une répétition du spectacle Ballets russes. Informations et réservation à partir du 1er septembre 2020 auprès de  Lucie Ruffet : lucie.ruffet@theatre-suresnes.fr et 01 41 18 85 94.

Répétition publique

Découvrez les secrets de fabrication d’un spectacle en création ! Le Théâtre Jean Vilar lève le rideau sur le travail des artistes et des techniciens et permet à un nombre restreint de spectateurs d'assister à une répétition du spectacle Ballets russes. Informations et réservation à partir du 1er septembre 2020 auprès de  Lucie Ruffet : lucie.ruffet@theatre-suresnes.fr et 01 41 18 85 94.

Un Bolero
Chorégraphie Dominique Brun et François Chaignaud
Musique Robin Melchior arrangement pour chœur et petit ensemble du Bolero de Maurice Ravel

Avec Massimo Fusco

 

Les Noces
Chorégraphie Bronislava Nijinska
Dramaturgie chorégraphique Dominique Brun assistée de Sophie Jacotot
Musique Igor Stravinsky (version 1919)

Avec les 22 danseurs Roméo Agid, Caroline Baudouin, Marine Beelen, Zoé Bleher, Garance Bréhaudat, Florent Brun, Joao Fernando Cabral, Lou Cantor, Clarisse Chanel, Gaspard Charon, Massimo Fusco, Maxime Guillon-Roi-Sans-Sac, Anne Laurent, Clément Lecigne, Corentin Le Flohic, Marie Orts, Laurie Peschier-Pimont, Maud Pizon, Mathilde Rance, Lucas Real, Julie Salgues et Lina Schlageter

Création et fabrication des costumes Marie Labarelle (Les Noces) et Romain Brau (Un Bolero)
Scénographie Odile Blanchard Atelier Devineau
Création lumières Philippe Gladieux

 

Sacre # 2
Chorégraphie Dominique Brun assistée de Sophie Jacotot, d’après Vaslav Nijinski Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky

Avec 31 danseurs

Costumes Laurence Chalou assistée de Léa Rutkowski
Peinture toiles Odile Blanchard, Giovanni Coppola et Jean-Paul Letellier
Création lumières Sylvie Garot

Le Sacre du printemps, Les Noces et Le Bolero : ces trois œuvres conçues il y a environ un siècle par Vaslav Nijinski (1889-1950) et Bronislava Nijinska (1891-1972) sont mises à l’honneur dans un programme qui rassemble le frère et la sœur et souligne la modernité de leur vision chorégraphique. Après s’être illustrés comme interprètes au sein des Ballets russes, compagnie dirigée par le charismatique Serge Diaghilev, Nijinski et Nijinska vont chacun faire œuvre de chorégraphe. En 1913, Nijinski compose Le Sacre du printemps, sur la musique d’Igor Stravinsky. Dix ans plus tard, en 1923, alors que son frère s’est retiré du monde de la danse, Nijinska lui rend hommage en créant Les Noces, sur une musique du même compositeur. En 1928, après voir pris ses distances avec la compagnie de Diaghilev, Nijinska crée le Boléro pour une autre danseuse russe, transfuge elle aussi des Ballets russes, Ida Rubinstein, qui en avait commandé la musique à Maurice Ravel.

Ces trois pièces se révèlent emblématiques de la révolution esthétique engagée dans les arts en Europe dans le premier tiers du XXe siècle. Elles témoignent du foisonnement avant-gardiste initié dans le monde de la danse, de la musique et des arts plastiques, par la célèbre compagnie russe de Diaghilev, en activité de 1909 à 1929. Vaslav Nijinski et Bronislava Nijinska occupent une place particulière parmi les chorégraphes des Ballets russes. Le premier a composé quatre œuvres au parfum de scandale qui ont contribué à asseoir sa légende ; la seconde a créé plus de quatre-vingts chorégraphies, au cours d’une carrière longue et internationale. Admirant profondément le travail de Vaslav, Bronislava a eu un rôle déterminant – corps à « modeler », complice, muse, alter-ego… – dans son processus de création, dont elle a été l’interprète dévouée, dans L’Après-midi d’un faune, puis dans Le Sacre du printemps où elle aurait dû danser le rôle de l’Elue. En retour, cette expérience auprès de son frère a grandement orienté son approche de la chorégraphie, a fortiori dans Les Noces (1923), pièce de groupe qui fait écho au Sacre du printemps (1913), également inspirée des traditions et du folklore russe. Poursuivant dans la voie radicale entamée par Nijinski dix ans auparavant, Nijinska crée une danse non narrative, dénuée de pantomime, une danse abrupte, abstraite, qui ne cherche pas à charmer mais à exprimer, une danse dans laquelle l’immobilité est permise, où la musique est travaillée mesure par mesure, comme une matière première que le ou la chorégraphe doit s’approprier pour concevoir une composition chorégraphique qui fasse corps avec elle.

Pour ce programme, les chorégraphies de Nijinski et de « La Nijinska » sont réinventées par la chorégraphe Dominique Brun, en lien avec les archives de l’époque, et dansées par une distribution de 30 interprètes contemporains. Mettant en œuvre une sorte d’archéologie expérimentale de la modernité en danse, le travail de réactivation et d’interprétation des danses s’opère selon différentes modalités :

Un Bolero est une création co-signée par Dominique Brun et François Chaignaud, confrontant l’aura de cette danse composée par Nijinska pour Ida Rubinstein sur la musique hypnotique de Ravel à d’autres figures du solo, du flamenco de La Argentina au butô de Tatsumi Hijikata.

Les Noces, est une reconstitution de la pièce de Nijinska, représentée de nombreuses fois de son vivant, puis reprise par sa fille Irina après le décès de sa mère en 1972. Pour en proposer son interprétation, Dominique Brun confronte une partition chorégraphique en notation Laban datant des années 1980 aux archives plus anciennes de Bronislava Nijinska (carnets de création, annotations sur la partition musicale, croquis, schémas, etc.), en insérant le tout dans une dramaturgie originale.

Sacre # 2 est une recréation du Sacre du printemps (donné seulement huit fois en 1913 et n’ayant pas laissé de partition chorégraphique) « selon et d’après Vaslav Nijinski », pour laquelle la chorégraphe assume une démarche d’invention dans le cadre des contraintes posées par l’interprétation des sources historiques de 1913 : photographies, dessins, critiques de presse, témoignages, annotations…

Trois approches différentes permettent donc d’aborder ces trois œuvres, mais une démarche commune les réunit : il s’agit de délier ces danses de la tradition historique orale où elles sont généralement confinées. Grâce aux détours interrogatifs que suscite la diversité des sources historiques qui viennent les documenter, ces œuvres se dégagent du fantasme d’authenticité qui sévit dans les discours de la reconstitution en danse. Leurs différentes factures au sein d’un même programme – recréation, reconstitution et invention – permettent que s’exerce entre elles une tension résolument contemporaine. Ainsi, ce triptyque a pour ambition de nous rappeler que le lien entre histoire et création se doit d’être vivant, mobile, à actualiser sans cesse, pour fonder le devenir d’œuvres dont la danse a parfois disparu.

Les Noces & Un Bolero

Produc­tion Les Porteurs d’ombre.
Copro­duction Association du 48, Le Volcan – Scène nationale du Havre, Chaillot – Théâtre national de la Danse, Les 2 Scènes – Scène nationale de Besançon, Théâtre du Beauvaisis – Scène nationale, Le Quartz – Scène nationale de Brest, Théâtre Louis Aragon, Scène conven­tionnée d’intérêt national Art et Créa­tion – Danse de Tremblay-en-France, Ménagerie de Verre / Paris, CCN Bal­let de Lorraine, La Briqueterie – CDCN du Val-de-Marne, Le Grand R – Scène nationale La Roche sur Yon.
L’association Les Porteurs d’ombre est soutenue par Le Ministère de la culture / DRAC Île-de-France au titre de la compagnie conventionnée.
Avec le soutien du Fonds de Dotation du Quartz (Brest).

Sacre # 2

Coproduction Associa­tion du 48, Ligne de Sorcière, Le Ma­nège – Scène nationale de Reims, Théâtre des Bergeries / Noisy-le-Sec, Arcadi, MC2 – Scène nationale de Grenoble, l’Apostrophe – Scène na­tionale de Cergy-Pontoise et du Val-d’Oise, Ballet du Nord – Centre Cho­régraphique national de Roubaix Nord-Pas de Calais, Le Théâtre – Scène nationale de Saint-Nazaire, Le Grand R – Scène nationale de La Roche-sur-Yon.