Salle Aéroplane
Tarif B
1h50
Dès 14 ans

De Jean Racine
Mise en scène Robin Renucci

Comment naissent les tyrans ? De la Rome antique à nos jours, il semble que l’histoire se répète. Entre conflits politiques, alliances mafieuses et dérives sexistes, Britannicus dresse encore aujourd’hui le portrait sans concession d’une nature humaine dont la violence survit au passage du temps.

« Sans doute c’est la naissance d’un monstre ; mais ce monstre va vivre et c’est peut-être pour vivre qu’il se fait monstre » disait l’écrivain Roland Barthes de Néron, héros cruel par excellence. L’histoire d’un homme ordinaire, trop proche du pouvoir, dont la passion dévorante pour la fiancée de son frère conduit à commettre l’irréparable. Avec la précision d’un scalpel, Robin Renucci dissèque le lien ténu entre puissance politique et désir sexuel, abolissant toute frontière entre scène et public. Une plongée saisissante dans les recoins les plus sombres de l’âme humaine.

Autour du spectacle

1h
A l'occasion d'un week-end thématique, Les Tréteaux de France propose en une heure le spectacle Vilar, Vitez, les 2 V. Comédiens et metteurs en scène, "Les 2 V", Antoine Vitez et Jean Vilar,  ont révolutionné le théâtre. Ecrit par Jack Ralite, homme politique, militant, spectateur de théâtre passionné et passionnant, et adapté par Evelyne Loew, Vilar, Vitez, les deux V livre un portrait rare d’Antoine Vitez et de Jean Vilar. Tous deux hommes de théâtre nommés à la tête de grandes institutions, ils partageaient les mêmes préoccupations et les mêmes moteurs : l’élargissement du public, l’ouverture du répertoire, l’amour des comédiens et un sens civique sans faille. De ces deux vies croisées, le Centre dramatique national des Tréteaux de France dresse « un échange esthétique et philosophique » point d’orgue du « Feuilleton théâtral » dont il est extrait. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.      

Vilar, Vitez, les 2 V

A l'occasion d'un week-end thématique, Les Tréteaux de France propose en une heure le spectacle Vilar, Vitez, les 2 V. Comédiens et metteurs en scène, "Les 2 V", Antoine Vitez et Jean Vilar,  ont révolutionné le théâtre. Ecrit par Jack Ralite, homme politique, militant, spectateur de théâtre passionné et passionnant, et adapté par Evelyne Loew, Vilar, Vitez, les deux V livre un portrait rare d’Antoine Vitez et de Jean Vilar. Tous deux hommes de théâtre nommés à la tête de grandes institutions, ils partageaient les mêmes préoccupations et les mêmes moteurs : l’élargissement du public, l’ouverture du répertoire, l’amour des comédiens et un sens civique sans faille. De ces deux vies croisées, le Centre dramatique national des Tréteaux de France dresse « un échange esthétique et philosophique » point d’orgue du « Feuilleton théâtral » dont il est extrait. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.      
2h
A l'occasion d'un week-end thématique, Les Tréteaux de France anime un atelier de lecture à voix haute autour de La syntaxe, le vers et l’alexandrin dans les œuvres de Racine. Atelier destiné aux adultes et adolescents à partir de 14 ans. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.

Atelier de lecture à voix haute

A l'occasion d'un week-end thématique, Les Tréteaux de France anime un atelier de lecture à voix haute autour de La syntaxe, le vers et l’alexandrin dans les œuvres de Racine. Atelier destiné aux adultes et adolescents à partir de 14 ans. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.
1h
A l'occasion d'un week-end thématique organisé avec Les Tréteaux de France, une rencontre et un débat avec Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, acteur et réalisateur, sont organisés autour de Histoire et actualité de la décentralisation théâtrale. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.

Rencontre et débat

A l'occasion d'un week-end thématique organisé avec Les Tréteaux de France, une rencontre et un débat avec Robin Renucci, directeur des Tréteaux de France, acteur et réalisateur, sont organisés autour de Histoire et actualité de la décentralisation théâtrale. Les inscriptions  seront ouvertes à partir du 1er septembre 2020.

Avec Tariq Bettahar Néro, Nadine Darmon Agrippine, Thomas Fitterer Narcisse, Louise Legendre Junie, Christophe Luiz Britannicus, Stéphanie Ruaux Albine, Julien Tiphaine Burrhus

Scénographie Samuel Poncet
Lumières Julie-Lola Lanteri
Costumes Jean-Bernard Scotto
Assistant à la mise en scène Jean-Frédéric Lemoues

Le pouvoir

Avec Britannicus, Racine choisit pour la première fois un sujet dans l’histoire de Rome et donc un sujet politique. C’est une pièce qui se veut à la fois classique et très en lien avec des questions d’actualité. La scénographie et le travail de mise en scène ont pour but d’explorer les rapports de pouvoir très violents entre les personnages. Ils se dévoilent de scène en scène, entre bien et mal, poussés par leur passion. Explorer le pouvoir c’est aussi parler de notre société, de l’actualité du thème politique : qu’est-ce que l’autorité ? qu’est-ce que le pouvoir ? qu’est ce qu’il représente ?

Dans Britannicus, le personnage de Néron est un monstre naissant, ce n’est donc pas encore un monstre. Il est pris en étau entre Burrhus et Narcisse, le bien et le mal et sa monstruosité va naître. Dans cet entre-deux, on passe d’un désir de pouvoir politique à un désir sexuel : la vision de Junie enchaînée réveille les fantasmes de Néron. Entre pouvoir tyrannique et pulsionnalité de la libido, Britannicus parle de la violence des rapports humains pervertis par ce désir de pouvoir : on assiste à la naissance d’un tyran. C’est sur ces thèmes que l’on aborde l’œuvre avec des costumes extrêmement simples mais qui donnent une notion immédiate du pouvoir par la prédominance des couleurs noire et argentée. Je veux mettre en avant la violence des corps et de la parole. La scénographie épurée de Samuel Poncet s’inscrit dans la retranscription des ateliers que nous avons menés aux Tréteaux de France autour des œuvres de Racine qui s’appelaient Le simple appareil. Cette dénomination issue du texte de Racine synthétise bien le propos de la scénographie, une sorte de nudité du plateau et un luxe des quelques éléments de décors et des costumes qui viennent signifier le pouvoir tyrannique, pulsionnel, agressif.

Le jeu par la prosodie

La recherche que nous menons consiste à déployer un minimum de moyens pour être dans une pureté de l’œuvre qui réside essentiellement dans les trois unités : de temps, de lieu et d’action. Nous nous situons dans une forme de recherche de luxe avec comme entrées la prosodie et le suspens. Les rebondissements de la pièce sont en effet particulièrement importants. Je veux instaurer une ligne de jeu qui permet aux spectateurs d’être tenus en haleine et d’accéder réellement à la profondeur de l’œuvre via son langage. Le dispositif scénique très simple, en quadri-frontal participe de manière active à la naissance du suspens, lorsqu’un comédien parle, la langue et l’émotion qui en découle touche directement le public. Il n’y a plus de barrière entre les mots et l’émotion qu’ils transportent.

 

Robin Renucci

Comédien et metteur en scène, Robin Renucci  est élève à l’Atelier-École Charles Dullin à partir de 1975, avant de poursuivre sa formation au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Il joue au théâtre sous la direction, entre autres, de Marcel Bluwal, Roger Planchon, Patrice Chéreau, Antoine Vitez, Jean-Pierre Miquel, Lambert Wilson, Serge Lipszyc et Christian Schiaretti. Au cinéma, il tourne avec Christian de Chalonge, Michel Deville, Gérard Mordillat, Jean-Charles Tacchella, Claude Chabrol et bien d’autres. Il interprète de nombreux rôles pour la télévision, notamment celui d’un médecin de campagne dans la série Un Village français. En 2007, Robin Renucci réalise un premier long-métrage pour le cinéma Sempre Vivu ! Fondateur et président de L’ARIA en Corse, il y organise depuis 1998 les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse. Il est par ailleurs professeur au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Nommé directeur du Centre dramatique national Les Tréteaux de France en 2011, il signe les mises en scène de Mademoiselle Julie d’August Strindberg en 2012, Le Faiseur de Balzac en 2015, L’Avaleur, d’après Other People’s Money de Jerry Sterner en 2016, L’Enfance à l’oeuvre en création au Festival d’Avignon 2017, La Guerre des salamandres de Karel Capek créé au festival Villeneuve en scène en 2018 et Bérénice en 2019. Il prépare actuellement sa prochaine création, Oblomov d’après Gontcharov.

Production Tréteaux de France – Centre dramatique national.