Salle Aéroplane
Tarif C
1h
Dès 12 ans

Conception et interprétation Nil Bosca

Drôle d’époque pour trouver un sens à sa vie. Comme beaucoup avant elle, Euphrate se cherche une place dans le monde. Dans un seule-en-scène plein d’inventivité, Nil Bosca retrace l’itinéraire joyeusement désorganisé d’une héroïne qui refuse de rentrer dans les cases…

Peut-on voir son futur à travers des lunettes de piscine ? Aucune hypothèse ne sera exclue, y compris celle de plonger dans son passé pour y retrouver un peu de ses origines, ainsi que le grain de folie qui habita son enfance. Avec cette autofiction burlesque et déjantée, qui bascule souvent dans le théâtre physique et la danse, Nil Bosca dresse le portrait d’une jeune femme qui nous ressemble. De ses 18 à ses 30 ans, elle oscille entre enthousiasme et révolte face à un monde anxiogène qui n’en finit pas de la perturber. A sa manière, ce spectacle qui se construit sous nos yeux raconte aussi la tentative d’une femme, drôle et touchante à la fois, d’écrire et de prendre la parole.

Création sonore Stéphanie Verissimo
Scénographie Cerise Guyon
Création lumières Mélina Lakehal
Collaborations artistiques Marine Garcia-Garnier, Frédéric Le Van, Stanislas Roquette

Depuis plusieurs années s’est imposée pour moi la nécessité de raconter le chemin initiatique d’une jeune femme d’aujourd’hui, en quête de sens et de liberté. Cette femme s’appelle Euphrate. On la suit de l’adolescence à l’âge adulte : elle cherche à identifier son désir de vie.

Euphrate, c’est une femme qui me ressemble un peu, sans doute.

Elle est traversée par la question de l’immigration, elle a connu de vraies difficultés avec le système scolaire, elle a passé beaucoup de temps à définir son orientation, elle a failli faire un métier à l’opposé de ses désirs, elle cherche à s’émanciper mais elle a parfois du mal à vivre dans ce monde qui est le nôtre, car elle ne se fait pas aux rôles qu’on lui assigne : elle cherche la place qui sera la sienne.

Euphrate, elle bouillonne de l’intérieur, parce que son corps souffre. Il souffre de toutes sortes de carcans qui l’enserrent : l’environnement culturel dans lequel elle a grandi, son quotidien de lycéenne, la peur diffusée par le discours des adultes, les carences de l’université, et plus tard la pression sociale du regard des autres, le mal-être au travail, l’aliénation dans l’entreprise.

Ce qui lui reste à Euphrate, c’est de danser. Elle danse, elle danse, elle danse, mais si elle danse c’est pour faire émerger sa parole, parce qu’elle veut crier, Euphrate. Elle veut crier sa colère pour s’en défaire, et pouvoir enfin se rapprocher des autres.

Le personnage d’Euphrate c’est aussi tant de personnes que j’ai croisées, amies ou inconnues, très jeunes ou plus âgées : tant de destins qui se sont racontés. Je voudrais exprimer à ma manière, le mélange de leurs doutes et de leurs rêves dissimulés, leur peur de s’accomplir. Je voudrais parler un peu des tentatives qu’elles ont faites pour sauver leur âme, ou simplement faire un pas de côté, en marge de ce qu’on attendait d’elles.

Nil Bosca

Coproduction Artépo – Anis Gras.
Remerciements Anis Gras, Théâtre de Suresnes Jean Vilar, La­voir Moderne Parisien, Victor Aureil­lan, Ismaïl Bosca, Chrystel Calvet, Anne-Sophie Dupoux, Hassam Ghan­cy, Antoine Graugnard, Catherine Leconte, Matthieu Poupinel et Didier Poupinel.