Salle Aéroplane
Tarif C
1h15
Dès 10 ans

Conception et mise en scène Stanislas Roquette

Dans ce récital poétique, Stanislas Roquette, accompagné à la guitare et au violon par Gilles Geenen, partage avec nous ses poèmes de prédilection.

« La poésie sauvera le monde ». Ce titre choisi par Jean-Pierre Siméon pour son manifeste paru en 2015 a servi de déclencheur au nouveau projet de Sta­nislas Roquette. Le metteur en scène s’est demandé s’il n’y avait pas dans cette affirmation une certaine forme d’indécence, alors que conflits, urgence climatique et néolibéralisme exacerbé détruisent nos sociétés. Pourtant, c’est cette « indécence essentielle » qui a modifié son regard sur le monde et qui, en un sens, sauve sa vie. Aussi invite-t-il le public à partager poèmes classiques (Hugo, Rimbaud, Aragon…) et plus contemporains (Andrée Chédid, Henri Pichette, Philippe Jaccottet…), pour ten­ter, sinon de changer le monde, du moins de questionner l’étonnante puissance de la poésie, alliée aux cordes ensorcelantes du musicien Gilles Geenen.

Autour du spectacle

Théâtre de Suresnes
Gratuit
3h
Dès 14 ans

Participez à un atelier d’initiation à la pra­tique théâtrale destiné aux amateurs adultes et adolescents de plus de 14 ans, animé par Stanislas Roquette, comédien et metteur en scène de Nous sommes un poème.

Inscription

Atelier théâtre

Participez à un atelier d’initiation à la pra­tique théâtrale destiné aux amateurs adultes et adolescents de plus de 14 ans, animé par Stanislas Roquette, comédien et metteur en scène de Nous sommes un poème.

Avec Stanislas Roquette et Gilles Geenen, Musique Gilles Geenen

Coproduction Artépo, Maison de la Culture d’Amiens, Maison des Arts du Léman, Centre des Monuments Nationaux. Avec le soutien des Plateaux Sauvages et d’État d’Esprit Productions.

Pas de la dernière fois où vous avez lu, vu, écouté, entendu, quelque chose de poétique, livre, film, chanson – non. La dernière fois que vous avez lu ce qu’on appelle à proprement parler un poème, la forme spécifique du texte qu’on appelle poème.

Vous en souvenez-vous ?

La poésie est parfois difficile d’accès, elle demande un certain effort d’attention et sincèrement, pour ma part, je ne me hasarde pas si souvent à en lire.

Et pourtant, je fus immédiatement interpellé par ce titre : « La poésie sauvera le monde. » Ce titre, c’est celui d’un ouvrage de Jean-Pierre Siméon, poète, et ce n’est pas une question (est-ce que la poésie sauvera le monde ? La poésie peut-elle – vraiment – sauver le monde ?) : c’est une assertion, pleine, entière, assumée, et c’est aussi cette affirmation portée haut devant soi qui m’interpelle.

Quoi ! Alors que des conflits san­glants dévorent notre globe, que l’urgence climatique frappe chaque jour à notre porte et que le néolibéralisme déchaîné détruit nos sociétés, oser affirmer que c’est la poésie, la vieille poésie, la faible poésie, et la poésie du poème, qui sauvera le monde !

Est-ce qu’il n’y aurait pas, dans cette affirmation, une certaine forme d’indécence ?

Oui, sans doute, je suis d’accord : il y a là une complèteindécence.

Mais il s’agit d’une indécence essentielle.

C’est cette indécence qui, un jour, je le sais, m’a permis de vivre et de trouver du sens à le faire. C’est l’indécence de quelques poèmes qui a modifié le regard que je portais sur le monde, et cela pour toujours. Et changer de regard sur le monde m’a sauvé la vie, peut-être.

Alors pourquoi ne serait-il pas possible de changer le monde, de le sauver peut-être, en changeant de regard sur lui, en le regardant avec les yeux et les oreilles que nous propose la poésie ?

C’est cette hypothèse que ce récital cherche à explorer. Pour questionner le public de manière vivante sur notre rapport au langage et à la poésie, j’emprunte bien sûr la réflexion de Jean-Pierre Siméon, mais aussi des poèmes qui m’ont forgé, classiques ou contemporains. Hugo, Queneau, jusqu’à Philippe Jaccottet, Henri Pichette, Andrée Chedid ou Christophe Tarkos, sont les lumières que nous suivons. Au cours de la représentation, je propose souvent à d’autres personnes de me rejoindre sur scène : musiciens ou acteurs de passage, ou encore un groupe de jeunes gens avec qui j’ai pu travailler en amont, pour dire avec moi un poème ; car la poésie a l’incroyable force de pouvoir se transmettre par la seule présence de la voix.

J’espère qu’à sa manière, ce récital pourra faire apparaître plus nettement sur scène la force profondément transgressive, subversive, et pourtant bienfaisante, du poème dans nos vies. »

Stanislas Roquette