Salle Aéroplane
Tarif C
1h
Dès 12 ans

Texte, mise en scène et interprétation Nil Bosca

Fille d’un père turc et d’une mère fran­çaise, Euphrate est une lycéenne en classe de terminale, qui rencontre des difficultés avec le système scolaire.

Outre ses résultats assez médiocres, elle doit prochainement exprimer son choix d’orientation professionnelle : un vrai casse-tête. Elle en vient à se poser une question toute simple : quelle incidence sa double culture a-t-elle pu avoir sur la construction de son identité ? Dans un dialogue savoureux et plein d’humour avec son père, elle part à la ren­contre de ses racines turques, de ses sou­venirs d’enfance, et de sa propre parole de femme.

Entremêlant la danse et les mots, le spec­tacle raconte avec la liberté d’un corps joyeux le long chemin vers l’affirmation d’un désir.

Aide à l’écriture et mise en scène Stanislas Roquette, Aide à l’écriture et collaboration artistique Hassam Ghancy, Regard chorégraphique Chrystel Calvet, Créatrice son Stéphanie Verissimo, Créatrice lumières Geneviève Soubirou, Scénographie Cerise Guyon, Collaboration artistique Frédéric Le Van

Coproduction Artépo – Anis Gras. Remerciements Anis Gras, Théâtre de Suresnes Jean Vilar, Lavoir Moderne Parisien, Victor Aureillan, Ismaïl Bosca, Chrystel Calvet, Anne-Sophie Dupoux, Hassam Ghancy, Antoine Graugnard, Catherine Leconte, Matthieu Poupinel et Didier Poupinel.

Depuis plusieurs années s’est imposée pour moi la nécessité de raconter le chemin initiatique d’une jeune femme d’aujourd’hui, en quête de sens et de liberté. Cette femme s’appelle Euphrate. On la suit de l’adolescence à l’âge adulte : elle cherche à identifier son désir de vie.

Euphrate, c’est une femme qui me ressemble un peu, sans doute.

Elle est traversée par la question de l’immigration, elle a connu de vraies difficultés avec le système scolaire, elle a passé beaucoup de temps à définir son orientation, elle a failli faire un métier à l’opposé de ses désirs, elle cherche à s’émanciper mais elle a parfois du mal à vivre dans ce monde qui est le nôtre, car elle ne se fait pas aux rôles qu’on lui assigne : elle cherche la place qui sera la sienne.

Euphrate, elle bouillonne de l’intérieur, parce que son corps souffre. Il souffre de toutes sortes de carcans qui l’enserrent : l’environnement culturel dans lequel elle a grandi, son quotidien de lycéenne, la peur diffusée par le discours des adultes, les carences de l’université, et plus tard la pression sociale du regard des autres, le mal-être au travail, l’aliénation dans l’entreprise.

Ce qui lui reste à Euphrate, c’est de danser. Elle danse, elle danse, elle danse, mais si elle danse c’est pour faire émerger sa parole, parce qu’elle veut crier, Euphrate. Elle veut crier sa colère pour s’en défaire, et pouvoir enfin se rapprocher des autres.

Le personnage d’Euphrate c’est aussi tant de personnes que j’ai croisées, amies ou inconnues, très jeunes ou plus âgées : tant de destins qui se sont racontés. Je voudrais exprimer à ma manière, le mélange de leurs doutes et de leurs rêves dissimulés, leur peur de s’accomplir. Je voudrais parler un peu des tentatives qu’elles ont faites pour sauver leur âme, ou simplement faire un pas de côté, en marge de ce qu’on attendait d’elles.

Nil Bosca